חיפוש

Pourquoi certains Jérusalémites se sentent protégés d’Iran

Dans la vieille ville, on pense qu’Iran évitera de toucher aux lieux saints et aux musulmans
Étals colorés dans le souk de la vieille ville de Jérusalem, ouverts malgré les tensions de guerre
Malgré le contexte sécuritaire, le marché de la vieille ville de Jérusalem reste animé – protégé par sa diversité et sa sacralité.(Photo : Jérusalem en ligne – Barry Shahar)

Alors que toute Israël se prépare à une éventuelle attaque iranienne, une étrange sérénité règne dans les ruelles de Jérusalem. Ici, certains habitants se sentent presque en sécurité – et cela pour une raison inattendue

Ce n’est ni le Dôme de Fer, ni les capacités de renseignement qui les rassurent. C’est la géographie humaine et religieuse

"Si un missile frappe par erreur Al-Aqsa, ou blesse des Palestiniens, ce serait la fin de la légitimité religieuse de l’Iran", écrit un habitant de Nahlaot sur les réseaux sociaux. "Ils ne prendront jamais ce risque

(Un piano attend à Jérusalem : Alon Ohel toujours captif)

L’idée selon laquelle l’Iran éviterait de viser directement Jérusalem – par peur de toucher des sites sacrés de l’islam ou la population musulmane locale – se répand dans les discussions de rue. Ce n’est pas une conviction romantique, mais une analyse stratégique. L’Iran tient à se présenter comme le protecteur de l’islam. Être vu comme celui qui a détruit Al-Aqsa ou tué des musulmans à Jérusalem-Est serait une catastrophe symbolique

"Ce n’est pas absurde", affirme Ronen, un réserviste de Jérusalem
"On l’a vu aussi avec le Hezbollah. Aucune roquette ne vise la vieille ville. Pas par amour pour nous – mais pour eux. L’Iran ne peut pas se permettre ce scandale

Des villes "intouchables" dans l’Histoire

À travers l’histoire, certaines villes ont été épargnées non par humanisme, mais par considération religieuse ou géopolitique

  • Pendant la Seconde Guerre mondiale, les Alliés ont évité de bombarder Rome pour préserver le Vatican

  • Le Hezbollah n’a jamais visé Al-Aqsa

  • L’Iran s’abstient d’attaquer certaines zones sensibles de Bagdad et Bassorah, malgré la présence d’ennemis

Jérusalem est-elle devenue une "ville intouchable" ? Pas officiellement, mais dans les esprits de certains – oui

Dans le souk, la vie continue

Une photo récente du marché de la vieille ville illustre cette réalité. Les étals sont ouverts, les touristes passent, et les vendeurs sourient. Alors que dans d’autres villes, les abris sont pleins, ici on parle d’un autre type de protection : une immunité stratégique

"Ils ne veulent pas toucher Jérusalem", explique Danit, une habitante. "S’ils tuent des Arabes par erreur, le monde entier se retournera contre eux. Pour l’instant, c’est peut-être l’endroit le plus sûr d’Israël

(Un piano attend à Jérusalem : Alon Ohel toujours captif)