La route qui mène de Jérusalem au désert paraît calme, presque poétique. Mais ce calme peut être trompeur. Lundi en fin de journée, une voiture rouge a été stoppée près du checkpoint d’Az-Zaïm. Forces armées, blocage total, soupçon d’attaque. Officiellement : rien. Mais dans cette partie de la ville, le « rien » est parfois le signal que tout peut arriver
Az-Zaïm : un point de passage, pas une frontière
Le checkpoint d’Az-Zaïm se trouve à l’est de Jérusalem, à la lisière de territoires aux statuts flous. Chaque jour, des milliers de Palestiniens — avec ou sans carte d’identité israélienne — franchissent ce point sous tension
(À Jérusalem, les abris deviennent des lieux d’espoir)
Ce n’est pas une frontière officielle. Mais sur le terrain, cela y ressemble. Pierres, cocktails Molotov, contrôles brutaux, tensions montantes : la routine d’une zone tampon où l’histoire ne cesse de s’écrire
Une guerre au loin, une pression toute proche
Alors que la guerre entre Israël et l’Iran prend de l’ampleur, chaque incident local devient une pièce dans un échiquier plus vaste. Les experts en sécurité affirment depuis des années : ce sont les zones urbaines de contact qui explosent en premier en temps de guerre
À Az-Zaïm, les alertes sont devenues automatiques. Un véhicule suspect n’est plus une simple anomalie — mais une menace potentielle pour tout un quartier
Ce qui s’est passé lundi soir
Une voiture jugée suspecte a été repérée se dirigeant vers Az-Zaïm. Elle a été prise en chasse par la police de Jérusalem et des forces spéciales. Blocage des routes, intervention d’un robot de déminage, arrestation des occupants
(À Jérusalem en guerre, seules les colombes prient à Al-Aqsa)
Finalement, aucune menace n’a été détectée. Mais le checkpoint est resté sous haute surveillance, et le climat, chargé d’incertitude
Vivre dans le soupçon, chaque jour
Pour les habitants de Jabal Moukaber, d’Issawiya ou d’Abou Dis, vivre à Jérusalem-Est, c’est s’habituer à l’invisible : être regardé, être vérifié, être soupçonné. Les véhicules sont scannés, les visages reconnus, et les nerfs mis à rude épreuve
Et pendant que les missiles volent entre États, c’est ici, dans une ruelle silencieuse, que la guerre psychologique s’installe


