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À Jérusalem, une fontaine croule sous les déchets

Chaque week-end, les lions de pierre observent le vide civique d’une société qui se détache de ses lieux communs.
Jerusalem Lion Fountain surrounded by waste – a mirror of civic erosion in a symbolic space
La fontaine des lions à Jérusalem – monument de paix devenu reflet silencieux d’un vide civique (Photo : Jérusalem en ligne – Yuli Kraus)

À deux pas de la vieille ville, dans le jardin Bloomfield, la fontaine des lions devait symboliser la dignité partagée Aujourd’hui, elle illustre autre chose : un abandon tranquille
Des gobelets, des sacs, des restes. Pas un accident. Une scène répétée. Une habitude qui dit tout

Il ne s’agit pas d’un problème technique. Il s’agit d’un silence collectif. D’une société fatiguée, désengagée. En Israël comme ailleurs, l’espace public devient miroir : plus il est sale, plus il reflète une distance. Pas entre individus – entre chacun et l’idée du "nous"

Ce n’est pas la faute – c’est le vide

Le problème n’est pas dans le sac plastique. Il est dans le geste qui l’accompagne. Ou dans l’absence de geste pour le ramasser
Il ne s’agit pas d’incivilité. Il s’agit d’indifférence
Ce que tout le monde voit, mais que personne ne ressent comme sien
Une fontaine sale, c’est un contrat social oublié
Un banc abandonné, c’est un voisin qu’on ne regarde plus

(Al-Aqsa rouvre ses portes : 45 000 fidèles présents)

L’effritement lent de la responsabilité partagée

La propreté n’est pas une politesse – c’est un langage
Quand la rue est propre, les regards se croisent. Quand elle ne l’est plus, les liens se rompent
Dans des villes complexes comme Jérusalem, ce n’est pas l’histoire commune qui relie – mais l’ordre commun

Et quand même celui-ci disparaît, le vivre-ensemble devient fiction

Ce que disent les chercheurs – depuis longtemps

Des études sociologiques l’affirment : le désordre visible engendre un retrait émotionnel
Plus l’environnement est négligé, plus l’agressivité s’infiltre
Le déchet n’est plus un simple objet – il devient la preuve que plus personne ne fait attention à personne
Dans un espace propre, les gens coopèrent. Dans un espace sale – ils se replient

(La vie revient au Mur occidental – entre l’eau et les larmes)

Les lions ne rugissent pas – mais ils parlent

Ils restent là, immobiles. En bronze. En silence
Et ce silence dit tout
Les familles passent. Les enfants jouent. Les photos se prennent – mais jamais avec le sol en arrière-plan
On ne regarde plus
Jérusalem ne s’effondre pas – elle s’habitue
Et quand l’habitude devient culture, l’identité se dilue
Ce n’est plus "qui a sali ?
C’est "sommes-nous encore les gardiens de ce lieu