Ramot, à Jérusalem, est souvent décrite comme un bastion tranquille du monde juif ultra-orthodoxe — un quartier aux frontières sociales nettes, où le silence règne. Mais l’agression violente survenue la semaine dernière, au cœur même de cette communauté fermée, a brisé bien plus que le calme apparent
Selon l’enquête, la victime marchait paisiblement avec sa sœur et le compagnon de celle-ci, lorsqu’un groupe de jeunes les a abordés. Ils ont sifflé la sœur, les mots ont fusé — puis les coups. L’homme a été roué de coups de poing et de pied, aspergé de gaz poivré, et frappé à la tête à plusieurs reprises avec une planche cloutée. L’un des assaillants a ensuite sorti un couteau et a menacé de le tuer
(À Jérusalem, le centre Ramot poursuit sa routine)
Le principal suspect, un jeune de 18 ans originaire de Jérusalem, a été arrêté peu après. Ces derniers jours, un acte d'accusation a été déposé contre lui pour agression aggravée, port d’arme blanche et menaces de mort
Quand la discipline communautaire vole en éclats
Avec ses dizaines de milliers d’habitants, Ramot est l’un des plus grands quartiers de Jérusalem. Longtemps structurée autour de normes internes rigides — lituaniens, hassidiques, sépharades — la vie y suivait un ordre familier, presque ancestral. Mais ce modèle semble aujourd’hui se fissurer : montée des violences, perte de contrôle sur la jeunesse, et recul des mécanismes traditionnels de supervision
Dans un monde où le "shalom bayit", la paix du foyer, est une valeur fondatrice, ces scènes brutales révèlent une tension enfouie. Les outils de fortune, la peur dans les rues, l’impuissance des familles — tout cela sonne comme une alerte
Et la question demeure : combien d’autres drames faudra-t-il, avant que quelqu’un, de l’intérieur même du quartier, dise : ça suffit


