Jérusalem est habituée aux manifestations. Certains disent même que la ville a été construite autour d’elles.
Mais les scènes observées récemment près du pont suspendu (Pont des Cordes) ont surpris même les habitants les plus aguerris. Des centaines d’adolescents – pour la plupart venus des colonies en Cisjordanie – ont bloqué l’entrée de Jérusalem pour protester contre ce qu’ils qualifient de « violences policières » lors d’affrontements récents dans les collines
La manifestation, relayée sur les réseaux sociaux par des groupes d’extrême droite, s’est transformée en un véritable blocus civil. Des jeunes, parfois des enfants, se sont couchés sur la chaussée, des bennes à ordures ont été renversées, et des véhicules de police ont été recouverts de peinture bleue. Une agente de la police des frontières a été légèrement blessée
Des jeunes sur la route – la police visée
Selon la police, les manifestants ont ignoré les ordres de dispersion, lancé des pierres, et mis en danger les usagers de la route
« Il y avait littéralement des enfants allongés sur la route. Ce n’était pas juste du désordre, c’était dangereux », a déclaré un conducteur coincé sur place
Des voitures de police ont été éclaboussées de peinture bleue, un geste apparemment symbolique de rébellion. Deux personnes ont été arrêtées, soupçonnées d’avoir agressé des agents et endommagé des biens publics
(Le football unit le monde – sauf à Jérusalem)
Pas une émeute habituelle – mais une colère venue des collines
Alors que la plupart des troubles à Jérusalem ces dernières années étaient associés aux quartiers est ou à des villages arabes, cette fois les protagonistes étaient de jeunes juifs – parfois mineurs – venus de colonies proches de la capitale
« Ils n’ont pas manifesté devant la Knesset ou une base militaire. Ils ont bloqué le cœur du pays », a tweeté un habitant de Jérusalem. « On est habitués à des blocages de gauche, mais là, c’était la droite
Une fois de plus, Jérusalem paie le prix
Pour de nombreux habitants, cette nuit a rappelé une vérité amère : à Jérusalem, les symboles prennent toujours le pas sur l’ordre
Quand les collines s’enflamment, c’est la ville qui brûle. Et quand la jeunesse descend dans la rue, c’est la capitale qui suffoque – sous les embouteillages, la peur et le chaos
(Double mort à Mevasseret Zion : piste criminelle envisagée)
Pendant plusieurs heures, il a été presque impossible d’accéder à Jérusalem. Une fois encore, la ville a payé le prix


