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Des tours luxueuses remplacent la Voix d’Israël disparue

Au cœur de Jérusalem, un symbole national effacé par le béton du marché immobilier
Former Israeli Broadcasting Authority building in Jerusalem, now replaced by luxury residential towers
L’ancien bâtiment de la Radiodiffusion publique à Jérusalem, désormais remplacé par un complexe immobilier (Photo : Hanania Herman / GPO)

Alors qu’Israël traverse des tempêtes médiatiques, des divisions sociales profondes et une perte croissante de confiance dans les médias publics, un symbole puissant s’efface discrètement à Jérusalem : l’ancien bâtiment de la Radiodiffusion publique israélienne est désormais en ruines

Autrefois, 21h00 était une heure sacrée – l’heure des informations. Aujourd’hui, derrière des barrières métalliques et des grues immenses, en pleine rue Sarei Israël, un gigantesque projet immobilier touche à sa fin. C’est ici même que résonnait jadis la voix officielle de l’État

(La vie revient au Mur occidental – entre l’eau et les larmes)

Face à la gare centrale de Jérusalem

Le nouveau complexe résidentiel surplombe le centre urbain de Jérusalem. Depuis ses balcons, on aperçoit le complexe Schneller, la gare centrale, et les quartiers historiques de Mekor Baroukh et de Geoula

Des affiches géantes proclament en plusieurs langues : « Votre maison est votre hôtel ». Une ironie amère, car à quelques mètres de là, des familles nombreuses vivent encore dans des appartements modestes, sans abris anti-bombes, parfois à deux par lit

Une métamorphose radicale au cœur de Jérusalem

Pour de nombreux habitants, cet endroit évoque bien plus qu’un simple bâtiment. C’est ici que furent diffusées les guerres, les émissions pour enfants, les documentaires, les cérémonies publiques. Trois générations de culture populaire ont jailli de cet édifice  aujourd’hui englouti sous le béton

Haim Yavin, surnommé « Monsieur Télévision », faisait partie de la famille. Une résidente de la rue Malchei Israël, âgée de 70 ans, se souvient : « Il faisait partie de notre salon

Même ceux qui attendent leur tour au centre médical Clalit à proximité lèvent les yeux et disent : « Ce n’était pas qu’un bâtiment d’État – c’était la voix de toute une nation. » Et les chauffeurs de taxi, toujours prompts à se remémorer : « Ici, on diffusait Mabat Sport, Zehou Ze, Nikouï Rosh

(Jérusalem reprend ses naissances, guidée par des lionnes)

Et les enfants d’hier n’oublient pas : Parpar Nehmad, Télépele, Kéchette BaAnan, Rehov Sumsum

Une habitante croisée à la sortie de l’épicerie résume : « Ce lieu, c’était bien plus que des murs

C’était le cœur battant de la voix publique israélienne. Un centre national de diffusion où l’on produisait festivals, émissions éducatives, pièces radiophoniques et événements en direct – tout sous un même toit. Un temple laïque animé par Dan Kaner, Daniel Pe’er, Sari Raz, Yaakov Ahimeir, Rafik Halabi, Zuhair Bahloul et d’autres encore

Un bâtiment de pierre, désormais effacé du paysage. Sa disparition marque bien plus qu’un changement urbain : elle symbolise une transformation profonde de la mémoire collective et de l’identité culturelle israélienne