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Enfants en danger à Sur Baher, l’État dans Jérusalem

Le meurtre d’une fillette de 3 ans révèle une réalité douloureuse : Sur Baher vit selon d'autres normes, et Jérusalem regarde ailleurs
Jerusalem police investigators gather evidence in a residential neighborhood of Sur Baher, East Jerusalem
Des agents de la police scientifique sur les lieux d’un meurtre à Sur Baher (Photo : Police israélienne)

Au cœur de Jérusalem, dans un quartier suspendu entre deux mondes, une fillette de 3 ans a été tuée — apparemment par son propre père. Ce drame familial est aussi un révélateur : celui d’une ville fracturée, où un quartier ne comprend plus l’autre

Les faits se sont produits récemment à Sur Baher, à Jérusalem-Est. Un appel d’urgence a mobilisé les forces de police de la station Oz et les unités de la police des frontières. La scène a été sécurisée, et les experts de la police scientifique ont commencé à collecter les preuves. La fillette a été retrouvée sans vie, et les secours n’ont pu que constater sa mort. Le père, un trentenaire habitant le quartier, a été arrêté peu après

Le commandant régional, Yaniv Moyal, s’est rendu sur place pour une évaluation. L’enquête a été confiée à la station Oz et s’oriente vers une piste criminelle — mais le contexte dépasse le simple cadre pénal

Sur Baher : d’autres règles dans la capitale

Administrativement, Sur Baher fait partie de Jérusalem. Mais sur le terrain, le quartier fonctionne souvent selon ses propres codes — sociaux, culturels, et parfois juridiques. Ce qui ressemble à un faubourg sur une carte se comporte comme une enclave autonome

Des chercheurs en culture urbaine qualifient ces zones de « poches d’isolement social » : des communautés qui se considèrent en marge de l’État et développent leurs propres mécanismes internes. Cela peut renforcer l’identité locale — mais aussi nourrir le silence, la violence familiale, et l’absence de réponse étatique

À Sur Baher comme ailleurs à Jérusalem-Est, l’éducation, la pauvreté, la méfiance envers la police : tout converge. Les tragédies ne surgissent pas par hasard — elles sont le fruit de ruptures profondes

Jérusalem peut-elle gérer un tel éclatement

Jérusalem peut-elle réellement intégrer un quartier comme Sur Baher ? Une ville « unifiée » peut-elle fonctionner quand certains de ses habitants vivent selon d’autres lois morales

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Un père qui tue sa fille — ce n’est pas seulement un crime individuel. C’est un cri d’alarme sur les fractures internes, sur la distance entre communautés, et sur la question que pose chaque ville : jusqu’où peut-on s’éloigner avant de ne plus être ensemble

À Jérusalem aujourd’hui, l’unité n’est plus une évidence. Le meurtre à Sur Baher impose plus qu’une enquête : il exige une prise de conscience