Al-Aqsa fermée lors du « vendredi de l’orphelin » – colère palestinienne

Pour la première fois depuis 1967, la mosquée Al-Aqsa à Jérusalem est fermée lors du dernier vendredi du Ramadan, alors que les sirènes et les tirs de missiles marquent la guerre en cours
Le Dôme du Rocher sur l’esplanade du Mont du Temple à Jérusalem près de la mosquée Al-Aqsa la nuit
Le Dôme du Rocher sur l’esplanade du Mont du Temple à Jérusalem, où se trouve également la mosquée Al-Aqsa

Des millions de musulmans dans le monde marquent aujourd’hui le dernier vendredi du mois de Ramadan. C’est le 14e jour consécutif que la mosquée Al-Aqsa, sur l’esplanade du Mont du Temple à Jérusalem, est fermée aux fidèles. C’est aussi la première fois que la mosquée est fermée ce jour-là depuis la guerre des Six Jours en 1967, à l’exception de la période de la pandémie de coronavirus, lorsque le site avait été fermé pour des raisons sanitaires avec l’accord du Waqf.

L’impossibilité de prier à Al-Aqsa lors de ce que l’on appelle le « vendredi de l’orphelin » provoque une grande frustration parmi les Palestiniens. Dans les médias et sur les réseaux sociaux, des appels circulent pour ne pas se conformer aux instructions visant à éviter les rassemblements et pour se rendre au point le plus proche possible de la mosquée afin d’y prier.

Qu’est-ce que le « vendredi de l’orphelin » du Ramadan ?

Le dernier vendredi du mois de Ramadan est métaphoriquement appelé le « vendredi de l’orphelin » (Al-Jum’a Al-Yatima), car c’est le dernier vendredi du mois et il n’a donc pas de « frères » – c’est-à-dire d’autres vendredis – avant la fin du jeûne. Cette journée est considérée comme le sommet spirituel du Ramadan.

En temps normal, des dizaines – parfois des centaines – de milliers de fidèles remplissent la mosquée Al-Aqsa ce jour-là, venant de toute la Cisjordanie, de Jérusalem et des communautés arabes d’Israël. C’est un jour d’adieu au mois sacré, accompagné des derniers achats dans les marchés de la vieille ville de Jérusalem avant l’Aïd al-Fitr, dans une atmosphère festive mêlée de tristesse à l’approche de la fin du Ramadan.

La fermeture du site s’ajoute au fait que, durant les dix derniers jours du Ramadan, les Palestiniens n’ont pas pu pratiquer l’itikaf – le fait de rester dans la mosquée toute la nuit pour la prière et la dévotion – ce qui suscite colère et frustration.

Selon les Palestiniens, cette décision ne découle pas de considérations sécuritaires visant à protéger des vies humaines dans le contexte de l’opération « Rugissement du Lion », mais d’une exploitation cynique de la situation pour renforcer le contrôle juif sur l’esplanade du Mont du Temple et repousser les Palestiniens de la mosquée Al-Aqsa. Ils affirment également qu’aucune mesure similaire n’a été prise contre les Juifs qui ont célébré la fête de Pourim lors de rassemblements massifs dans l’espace public.

Dans les médias et sur les réseaux sociaux, des appels continuent d’être lancés pour ne pas respecter les instructions du Commandement du front intérieur israélien demandant d’éviter les rassemblements et pour se rendre au point le plus proche de la mosquée afin d’y prier. Comme on le sait, vendredi dernier, des centaines de fidèles se sont rassemblés dans la rue près de la porte de Damas et y ont tenu la prière.

Qu’est-ce que la « Journée internationale d’Al-Qods » marquée lors du dernier vendredi du Ramadan ?

Le dernier vendredi du Ramadan est également connu comme la « Journée internationale d’Al-Qods », une journée annuelle de protestation antisioniste. Elle a été instaurée par l’ayatollah Rouhollah Khomeiny en 1979, peu après la révolution islamique en Iran.

Cette journée est consacrée à l’expression de la solidarité avec les Palestiniens et à l’opposition au contrôle israélien de Jérusalem. Des manifestations organisées ont lieu en Iran et dans plusieurs pays musulmans. On ignore si cette année Mojtaba Khamenei, l’ayatollah actuel récemment choisi et qui serait caché quelque part après avoir été blessé, aura la volonté ou la capacité de marquer cette journée.