Le cheikh Ikrima Sabri, président du Conseil islamique suprême, prédicateur à la mosquée Al-Aqsa et ancien grand mufti de Jérusalem, a été interrogé vendredi 6 mars 2026 au sujet de déclarations faites deux jours après le début de l’opération «Rugissement du Lion», dans lesquelles il affirmait que la fermeture de la mosquée Al-Aqsa n’était pas une nécessité sécuritaire mais une tentative d’imposer une hégémonie israélienne sur l’esplanade des Mosquées.
Sabri a également appelé le public palestinien à ne pas se conformer aux instructions du Commandement du front intérieur et à continuer de se rendre à la mosquée en grand nombre. Immédiatement après sa sortie de l’interrogatoire, alors qu’il se trouvait près du siège de la police du district de Jérusalem au complexe russe, il a répété les mêmes déclarations.
Pourquoi le cheikh Ikrima Sabri a-t-il été interrogé après avoir appelé à se rendre à Al-Aqsa?
Sabri avait fait ces déclarations le 2 mars 2026, pendant les jours du mois de Ramadan, après que la police du district de Jérusalem a fermé le complexe du mont du Temple, y compris la mosquée Al-Aqsa, aux fidèles et aux visiteurs conformément aux instructions du Commandement du front intérieur interdisant les rassemblements de masse dans l’espace public en raison des tirs de missiles depuis l’Iran. Dans des déclarations largement reprises par les médias palestiniens et sur les réseaux sociaux, Sabri a affirmé qu’«il n’existe aucune justification légale ou réelle» pour la fermeture de la mosquée. Selon lui, l’utilisation de l’état d’urgence comme prétexte est une mesure politique et non sécuritaire.
Sabri a également déclaré que le véritable objectif d’Israël est «d’imposer une hégémonie totale sur les lieux saints» et de modifier le statu quo historique sur l’esplanade des Mosquées. Il a affirmé que ces mesures visent à «affaiblir et retirer les prérogatives de gestion du Waqf islamique» et à empêcher les musulmans d’exercer leur liberté de culte, en particulier lors des prières nocturnes centrales du Ramadan, Icha et Tarawih. Il a appelé les fidèles à venir à la mosquée en grand nombre malgré les restrictions, affirmant que «la présence des musulmans fera échouer les plans de l’occupation».
Quelles étaient les conditions de la libération d’Ikrima Sabri après l’interrogatoire?
À l’issue de l’interrogatoire, Sabri a été libéré à condition de ne pas entrer dans la vieille ville. Cette condition s’ajoute à une ordonnance d’éloignement déjà en vigueur depuis environ un an qui lui interdit d’entrer dans l’enceinte de la mosquée Al-Aqsa sur le mont du Temple. Immédiatement après sa sortie de l’interrogatoire au complexe russe, marchant aux côtés de ses avocats, il a de nouveau tenu des propos similaires devant des journalistes palestiniens qui l’attendaient sur place.
Sabri, considéré comme l’un des principaux incitateurs sur le mont du Temple, fait actuellement l’objet d’un autre procès pour des déclarations d’incitation antérieures. Il est accusé d’avoir loué et glorifié les auteurs d’attentats en 2022 après avoir rendu visite à leurs familles. Parmi les propos que l’ancien mufti aurait adressés aux familles: «Ils sont au paradis, inchallah, et les anges les accueillent». Dans l’un de ces cas, il s’agissait de l’assaillant Uday Tamimi qui a tué la soldate Noa Lazar au checkpoint de Shuafat le 8 octobre 2022.
#شاهد | شرطة الاحتلال الإسرائيلي تفرج عن الشيخ عكرمة صبري رئيس الهيئة الإسلامية العليا في القدس بعد استدعائه للتحقيق اليوم حول اعتراضه على إغلاق المسجد الأقصى pic.twitter.com/uXAnI7xDWH
— شبكة فلسطين للحوار (@paldf) March 6, 2026


