Cérémonie des flambeaux à Jérusalem – rituel émouvant ou spectacle politique ?

De la mort du sergent-major mythique chargé de la discipline à la bataille politique autour du choix des porteurs de flambeaux à Jérusalem – un rituel national qui perd son rôle fédérateur
Cérémonie d’allumage des flambeaux au mont Herzl à Jérusalem avec une scène éclairée et une étoile de David aux côtés de personnalités publiques et de soldats
Cérémonie d’allumage des flambeaux au mont Herzl à Jérusalem, scène centrale avec participants et responsables publics (Screenshot

La cérémonie d’allumage des flambeaux au mont Herzl, à Jérusalem, organisée chaque année à la veille du Jour de l’indépendance, était longtemps perçue comme un rare moment d’unité collective. En 2026, elle apparaît de plus en plus comme une mise en scène maîtrisée – moins tournée vers l’unité que vers le pouvoir.

Pendant des années, les habitants de quartiers de Jérusalem comme Beit Hakerem et Kiryat Yovel sortaient sur leurs balcons pour admirer les feux d’artifice au-dessus de la ville – un rituel discret d’appartenance. Aujourd’hui, le spectacle est plus contrôlé : la lumière ne sert plus seulement à célébrer, mais aussi à détourner l’attention de la loyauté politique désormais associée à ceux qui montent sur scène.

La mort du sergent-major légendaire David Rokni, qui imposait avec une précision presque religieuse l’ordre et la discipline de la cérémonie à Jérusalem, ne marque pas seulement la fin d’une époque. Elle révèle aussi l’effondrement de l’idée qu’un rituel national puisse rester à l’écart de la politique.

La cérémonie est-elle devenue un outil politique ?

Ces dernières années, la politique s’est imposée au cœur de cet événement national. Les discours, l’atmosphère et même le choix des porteurs de flambeaux au mont Herzl reflètent de plus en plus des positions idéologiques. Ce qui était autrefois perçu comme une reconnaissance de contributions à la société est devenu un terrain de confrontation, notamment avec les appels récents de militants de droite à inclure l’épouse du Premier ministre, Sara Netanyahu, parmi les participants – signe que la cérémonie reflète désormais les divisions plutôt qu’elle ne les dépasse.

Qui est mis en lumière et qui reste à l’écart n’est plus seulement une question de mérite. C’est devenu, pour beaucoup, un signal de loyauté – un glissement qui suscite un malaise, même chez ceux qui voyaient encore dans Jérusalem un symbole de consensus.

Que signifient les symboles nationaux dans une société divisée ?

L’écart entre mémoire et réalité n’a rarement été aussi visible. Ce qui semblait autrefois un moment rare d’accord peut désormais devenir un nouveau point de tension. La même scène à Jérusalem, les mêmes flammes, ne symbolisent plus un destin commun, mais révèlent une société fragmentée en récits concurrents.

À l’approche de la cérémonie de 2026, la question qui résonne au-dessus de Jérusalem n’est plus de savoir qui allumera le prochain flambeau, mais si ce symbole peut encore rassembler – ou s’il est devenu une nouvelle ligne de fracture.