Hamla Malana : la collation traditionnelle de Jérusalem est de retour en saison

Bien avant l’ère des snacks industriels, les enfants de Jérusalem grignotaient des gousses vertes de pois chiche. Au printemps, avant Pessa’h, elles réapparaissent sur les étals du marché Mahane Yehuda

Bien avant l’ère des snacks industriels, « Hamla Malana » – des pois chiches grillés – était la collation des enfants de Jérusalem dans les années 1960,
surtout au printemps, avant Pessa’h. Et aujourd’hui encore, comme chaque année, la « Hamla Malana » revient sur les étals du marché Mahane Yehuda.

C’est un souvenir très vert et minuscule de Jérusalem. Pas un bonbon, pas un snack moderne. Une gousse verte qui renvoie la ville très loin en arrière dans le temps. Entre les fèves fraîches et les petits pois verts, on peut voir ces jours-ci sur les étals des boîtes en plastique transparent remplies de petites gousses vertes.

Mais tout le monde ne sait pas ce que c’est. Certains passent devant sans y prêter attention, mais ceux qui ont grandi dans l’ancien Jérusalem s’arrêtent immédiatement et, pour 15 shekels la boîte, retrouvent des moments qu’ils aimaient autrefois et qui ont presque disparu.

Qu’est-ce que la « Hamla Malana » qui réapparaît au marché Mahane Yehuda ?

Il s’agit de gousses vertes de pois chiche – du pois chiche encore jeune. En arabe, on l’appelait autrefois simplement « Hamla Malana », ce qui signifie « porter une charge ». Une allusion au ventre arrondi d’une femme enceinte, appelée en arabe « hamel ».

Il suffit de voir cela sur un étal du marché Mahane Yehuda à Jérusalem pour retrouver les sensations d’enfance, deux générations en arrière. Avant l’abondance de snacks qui remplissent aujourd’hui les étagères des kiosques et des supermarchés, les enfants de Jérusalem savouraient autre chose : un petit grain vert facile à éplucher – la jeune gousse de la plante du pois chiche.

À cette époque, sur le chemin de la maison de nos grands-parents dans le quartier Zichron Tuvia, en passant par le marché Mahane Yehuda, nous nous arrêtions chez Zaki, le propriétaire d’un petit stand sur roues. Il cueillait une poignée de gousses vertes, les roulait dans un petit cornet fait de papier journal et nous les tendait. Pas de sac, pas de marque – seulement des gousses fraîches de la terre avec un peu de sel. Pendant des heures, nous restions assis à éplucher et manger les pois chiches avec un goût de champ – ou peut-être presque sans goût.

Comment une petite gousse de pois chiche est-elle devenue un souvenir de Jérusalem pour toute une génération ?

C’était Jérusalem. Une ville de simplicité qui apprenait aux petits comme aux grands à apprécier les choses simples. L’histoire de « Hamla Malana » surgit d’un marché qui est aussi une archive vivante de la culture. Sur ses étals, on peut parfois voir les couches du temps coexister : une tradition culinaire ancienne à côté d’une réalité nouvelle. Des jeunes qui filment des stories, et à côté des personnes âgées qui reconnaissent la petite gousse et affichent soudain un grand sourire, avec le goût du passé.

Dans les cuisines d’autrefois, les ménagères les faisaient frire dans de l’huile d’olive et les assaisonnaient de sel. Ainsi, la famille profitait d’une bonne source bon marché de fer et de protéines, consommée comme on mange des graines. « Hamla Malana » – un petit pois chiche vert capable d’offrir une leçon de modestie et de rappeler que même à l’ère la plus moderne, l’essence de la vie repose sur ce qui reste stable, se souvient et nous rappelle le passé.