Les musulmans du monde entier ont marqué aujourd’hui, vendredi, le premier jour de l’Aïd al-Fitr, célébré immédiatement après la fin du mois de Ramadan. La mosquée Al-Aqsa, sur l’esplanade des Mosquées à Jérusalem, est restée fermée une nouvelle fois, et des centaines de Palestiniens qui n’ont pas accepté la décision se sont rassemblés dès les premières heures du matin dans les rues proches des portes de la vieille ville et y ont tenu la prière de l’Aïd, en violation des directives du Commandement du front intérieur interdisant les rassemblements massifs dans l’espace public dans le contexte des tirs de missiles depuis l’Iran.
Les policiers du district de Jérusalem ont agi pour disperser les rassemblements. Dans certains endroits, les forces ont dû recourir à des moyens de dispersion de foule, notamment l’utilisation de gaz lacrymogène.
Dans quelle mesure cet événement est-il historiquement exceptionnel sur l’esplanade?
Les médias palestiniens et les réseaux sociaux soulignent qu’il s’agit de la première fois en 60 ans que le complexe d’Al-Aqsa reste fermé pendant l’Aïd al-Fitr (à l’exception de la période du coronavirus). L’interdiction d’entrée aujourd’hui s’ajoute aux trois dernières semaines, la majeure partie du mois de Ramadan, durant lesquelles l’esplanade est restée fermée en raison des tirs de missiles depuis l’Iran. Cela suscite une grande colère et frustration parmi les Palestiniens. Selon eux, il ne s’agit pas de mesures de sécurité destinées à sauver des vies, mais d’une exploitation cynique de la situation par Israël pour renforcer une hégémonie juive sur le site et les éloigner de la mosquée Al-Aqsa.
Ces derniers jours, un appel s’est diffusé sur les réseaux sociaux palestiniens exhortant les fidèles à ne pas respecter l’interdiction de rassemblement et à se rendre en grand nombre au point le plus proche possible de la mosquée afin d’y tenir la prière de l’Aïd. Cet appel s’est accompagné d’une fatwa émise par le cheikh Ikrima Sabri, président du Conseil islamique suprême et ancien mufti de Jérusalem, appelant à la fermeture de toutes les mosquées de Jérusalem le jour de la fête et à orienter les fidèles vers la mosquée Al-Aqsa.
En effet, beaucoup ont répondu à ces appels. Dès les premières heures du matin, des centaines de fidèles ont afflué vers les portes de la vieille ville et les rues environnantes. Les principaux rassemblements ont eu lieu près de la porte des Lions, de la porte de Damas et de la porte d’Hérode. Les fidèles ont déployé des tapis de prière sur les trottoirs et les routes et ont commencé la prière de l’Aïd, qui est devenue non seulement un acte religieux, mais aussi une forme de protestation et de défi face aux autorités israéliennes et aux règles imposées à la population palestinienne.
La police du district de Jérusalem, qui s’était préparée à cette éventualité et était déployée sur les différents sites, a commencé à disperser les rassemblements. Dans les endroits où les personnes tardaient à se disperser, notamment près de la porte d’Hérode, les forces ont dû recourir à la force, y compris l’usage de matraques et de gaz lacrymogène. Une personne a également été arrêtée lors de l’un des affrontements.
פיזור מתקהלים באזור העיר העתיקה בירושלים, 20.3.2026 pic.twitter.com/JpO4CuPiec
— jerusalem online (@Jlmonline) March 20, 2026


