La culture à Jérusalem-Est est-elle en train de se compliquer ?

Un ordre du chef de la police de Jérusalem stoppe une exposition et une projection de film liées à une activité terroriste présumée

La police a interrompu cette semaine deux événements culturels à Jérusalem-Est après que le commandant du district de Jérusalem, Avshalom Peled, a signé des ordres interdisant leur tenue. Une exposition prévue au théâtre Al-Hakawati et la projection du film « Palestine 36 » au centre culturel Yabous, à Sheikh Jarrah, ont été suspendues dans le cadre de l’opération Bouclier de la Capitale.

Des agents de l’unité centrale du district de Jérusalem sont arrivés mardi au théâtre Al-Hakawati, à Jérusalem-Est, et ont empêché la tenue d’une exposition programmée dans le cadre du projet « Ambassadeur de Jérusalem ». Quelques jours plus tôt, jeudi, la même unité s’était rendue au centre culturel Yabous, à Sheikh Jarrah, et avait empêché la projection prévue du film « Palestine 36 ».

Dans les deux cas, le commandant du district a signé des ordres interdisant les événements après que, selon la police, des informations ont été recueillies indiquant que les activités visaient à promouvoir et à soutenir les objectifs d’une organisation terroriste.

« Le commandant du district de Jérusalem, Avshalom Peled, a signé l’ordre interdisant l’événement après que des informations ont été recueillies indiquant que l’activité visait à promouvoir et à soutenir les objectifs d’une organisation terroriste », a indiqué la police.

Qu’est-ce que l’opération Bouclier de la Capitale à Jérusalem ?

L’opération « Bouclier de la Capitale » est un programme mené par la police du district de Jérusalem qui vise, selon les communiqués de la police, à renforcer la gouvernance et l’application de la loi à Jérusalem-Est. La police affirme que l’opération a pour objectif d’empêcher l’activité de groupes liés à des organisations terroristes, de contrecarrer les infractions liées à l’incitation et d’agir contre des événements qui, sur la base des informations disponibles, sont utilisés pour faire avancer ces objectifs.

La police souligne que l’action n’est pas dirigée contre la culture en tant que telle, mais contre l’utilisation de cadres culturels pour promouvoir des messages et des contenus qui, selon l’évaluation des autorités, sont liés à une activité terroriste.

Pourquoi le film « Palestine 36 » a-t-il attiré l’attention de la police ?

Le film « Palestine 36 », écrit et réalisé par Annemarie Jacir, retrace la révolte arabe entre 1936 et 1939 contre la domination britannique pendant la période du Mandat. Le film présente un récit historique palestinien de cette période et se concentre sur une phase précoce du conflit.

Selon la police, des informations de renseignement ont indiqué que la projection du film au centre culturel Yabous, à Jérusalem, n’était pas destinée uniquement à être un événement culturel, mais faisait partie d’un effort plus large de groupes liés à une organisation terroriste pour faire avancer leurs objectifs.

Le film a été présenté en première mondiale au Festival international du film de Toronto en 2025, a reçu une ovation debout de 20 minutes et a été sélectionné comme candidature palestinienne au prix du meilleur film international lors de la 98e cérémonie des Oscars.

La police affirme que l’opération « Bouclier de la Capitale » se poursuivra « dans tous les domaines, avec pour objectif de renforcer la gouvernance et l’application de la loi à Jérusalem-Est, d’empêcher l’activité de groupes liés à des organisations terroristes, de contrecarrer et de prévenir les infractions liées à l’incitation et de continuer à garantir la sécurité de tous les habitants de la ville ».