La YMCA de Jérusalem revêt ses habits de fête. La tour des cloches emblématique est baignées de lumières de Noël multicolores et, avec le grand sapin, les figures du Père Noël et les pluies de décembre, elle redonne à la ville une sensation familière de magie.
Le chemin depuis la rue Keren Hayesod, puis le tournant vers la rue Washington, plonge peu à peu les passants dans une bulle différente au cœur de Jérusalem. Une bulle d’ailleurs, faite d’espoir, de paix et d’amour. Sur le parcours apparaissent l’ambassade de la République tchèque à Jérusalem et l’Académie hongroise. À l’entrée de l’esplanade de la tour de la YMCA, un chant soul accueille les visiteurs: une performance émouvante d’une organisation internationale de jeunes chrétiens œuvrant pour la fraternité entre toutes les religions à Jérusalem, attirant les pas vers la tour.
À quoi ressemble Noël à la YMCA de Jérusalem lors des nuits de décembre?
L’hôtel King David se dresse en face comme un décor silencieux, tandis que le regard est immédiatement attiré par l’immense sapin de Noël au pied de la tour de la YMCA, couronné d’une étoile lumineuse. De petites lumières scintillent entre les branches vertes et des boules de verre dorées évoquent, l’espace d’un instant, une scène de film Disney. Les enfants qui entrent dans le complexe cherchent le Père Noël et son traîneau tiré par des rennes, même si son apparition n’est prévue que le 25 décembre 2026, à l’approche de la nouvelle année civile.
La lumière, la musique et l’arbre trempé par la pluie créent une atmosphère typiquement jérusalémite, à la fois festive et internationale. Décembre commence et la YMCA redevient une capsule de fraternité que l’on avait presque oubliée. À cet instant précis, alors que des milliers de touristes commencent à affluer vers la Vieille Ville et ses églises, la YMCA sert de pont entre le monde chrétien et la Jérusalem locale.
Quelle est l’histoire et la portée internationale de la tour de la YMCA?
Le panneau bleu à l’entrée le rappelle clairement. Le complexe a été construit entre 1926 et 1933 comme centre de sport, de culture et de développement de l’esprit, du corps et de l’âme. Son architecture mêle des éléments d’Orient et d’Occident, dans une tentative précoce de renforcer les liens entre chrétiens, musulmans et juifs à travers le sport.
Le stade de la YMCA, qui fut pendant des années le terrain des clubs de football de Jérusalem, a été érigé avec la même vision. Les fondateurs croyaient que le sport pouvait unir les nations. Sous terre, on découvre les vestiges d’un ancien monastère géorgien datant du Ve siècle. Il existe également un geste particulier envers la tradition juive: chaque année, lors de Souccot, une soucca élégante est installée pour accueillir les visiteurs.
La tour des cloches de la YMCA n’est pas seulement un repère urbain, c’est une déclaration. Conçue par l’architecte américain Arthur Loomis Harmon comme un «pilier de paix», elle symbolise la rencontre des cultures et des religions. Les nuits de décembre, lorsqu’elle s’illumine de lignes dorées, beaucoup de visiteurs y perçoivent un charme presque féerique, quelque part entre la dure réalité de Jérusalem et l’esthétique d’un château lumineux sorti d’un film.
Tout cela coexiste avec la vie quotidienne de l’institution: cours de sport, piscine, programmes pour enfants, musique et activités communautaires, le tout ouvert à des personnes de toutes les confessions, dans un esprit d’inclusion qui a malheureusement fait défaut pendant longtemps à Jérusalem et en Israël.
Jérusalem compte de nombreux festivals de lumière, mais la YMCA ajoute une couche supplémentaire: un conte d’hiver capable de franchir langues, religions et frontières. Et lorsque le Père Noël descend les marches de pierre sous une tour qui semble sortie d’un film, la ville se souvient une fois de plus que même dans le froid hivernal de Jérusalem, il existe des lieux intemporels qui continuent de croire aux miracles.


