Alors que le marché Mahane Yehuda et le centre-ville de Jérusalem commencent à montrer des signes prudents de reprise, l’ambiance est très différente au complexe First Station. La grande place, habituellement remplie de restaurants, de cafés et de visiteurs, paraît ces derniers jours inhabituellement calme. Les longues tables en bois restent presque vides, certains commerces sont ouverts mais peinent à attirer des clients, et l’atmosphère animée des soirées de week-end a presque disparu. Pour le complexe First Station de Jérusalem, qui faisait déjà face ces dernières années à une baisse du nombre de visiteurs, les jours de sirènes et de tirs de missiles liés à la guerre avec l’Iran représentent un défi supplémentaire pour les entreprises installées sur place.
Le complexe First Station de Jérusalem perd-il des visiteurs – et que devient un quartier de loisirs urbain lorsqu’il décline?
L’expérience de nombreuses villes montre que les quartiers de loisirs ne disparaissent généralement pas du jour au lendemain. Ils entrent plutôt dans une phase progressive de déclin lorsque la fréquentation diminue et que de nouveaux lieux d’attraction apparaissent ailleurs dans la ville. À New York, par exemple, le quartier South Street Seaport a connu plusieurs années de baisse de fréquentation avant que la municipalité n’investisse dans sa rénovation et dans des programmes culturels pour relancer le front de mer. Des situations similaires ont été observées dans certains quartiers de Londres et d’autres villes européennes.
Lorsque la fréquentation baisse sur une longue période, les restaurants et les petits commerces sont les premiers touchés: les revenus diminuent, les horaires d’ouverture se réduisent et certains établissements finissent par fermer. À l’inverse, dans les villes qui investissent dans des événements culturels, dans le tourisme urbain et dans la rénovation de l’espace public, certains quartiers parviennent à retrouver une nouvelle dynamique. Pour le complexe First Station de Jérusalem, la question est désormais de savoir si le calme actuel n’est qu’un effet temporaire des jours de guerre – ou le signe d’un défi plus durable pour attirer de nouveau les visiteurs.


