Pourim à Jérusalem : une nouvelle interprétation de la potence d’Haman

À Jérusalem, une effigie d’Haman a été suspendue pendant la fête juive inspirée du Livre d’Esther, avec une référence contemporaine à la guerre
Effigie d’Haman suspendue à un arbre dans un quartier ultra-orthodoxe de Jérusalem pendant Pourim
Une effigie d’Haman a été suspendue à un arbre à Jérusalem pendant la fête de Pourim (Photo: Jerusalem Online News - Yuli Kraus)

Pourim est une fête juive fondée sur le Livre biblique d’Esther, qui raconte le sauvetage des Juifs de Perse face au complot d’extermination ourdi par Haman, haut dignitaire du roi Assuérus. Selon le récit, Haman fut finalement pendu à la potence qu’il avait préparée pour Mardochée. Dans un quartier ultra-orthodoxe de Jérusalem, cette histoire a pris cette année une forme visuelle marquante : une effigie représentant Haman a été suspendue à un arbre le long d’une rue résidentielle.

Cette fois, la figure était coiffée d’un keffieh palestinien, allusion contemporaine dans le contexte de la guerre avec l’Iran et de l’opération « Rugissement du Lion », alors que des sirènes retentissent par intermittence à Jérusalem.

Comment la coutume de suspendre une effigie d’Haman s’est-elle développée à Jérusalem ?

La tradition de représenter symboliquement la pendaison d’Haman découle directement du récit du Livre d’Esther. Au fil des générations, des communautés juives d’Europe et du Moyen-Orient ont intégré des éléments visuels et théâtraux aux célébrations de Pourim, transformant le renversement dramatique de l’histoire en rituel vivant.

À Jérusalem, notamment dans les quartiers ultra-orthodoxes, la pratique consistant à suspendre une poupée ou une figure à un arbre ou à un balcon s’est imposée comme expression locale de cette tradition. Parfois, ces effigies intègrent des symboles contemporains reflétant la réalité politique ou sécuritaire actuelle, reliant ainsi le récit ancien d’Esther à la vie présente de la ville.