Les forces de sécurité poursuivent leurs préparatifs en vue du Ramadan 2026, qui devrait commencer dans une dizaine de jours. Chaque jour, des résidents palestiniens de Jérusalem identifiés par les services de renseignement comme impliqués dans des troubles ou des actes d’incitation sont convoqués au siège de la police du district David, à la station Kishle dans la Vieille Ville.
Les personnes convoquées comparaissent devant un officier de police pour une audition et se voient ensuite interdire temporairement l’accès au complexe de la mosquée Al-Aqsa pendant une semaine, dans l’attente de la décision finale du commandant du district.
Cette année, en raison du grand nombre de personnes convoquées, les décisions finales, souvent accompagnées d’interdictions de quatre à six mois, sont fréquemment envoyées par messages WhatsApp. Selon des sources palestiniennes, près de 100 personnes ont déjà été interdites d’accès au site.
Le Dirigeant Religieux le Plus Important Sera-t-il Aussi Interdit?
Ces derniers jours, le plus haut responsable religieux convoqué jusqu’à présent, le cheikh Dr Iyad Mohammad Ali al-Abbasi, a comparu lors d’une audition. Il occupe le poste de juge en chef de la charia à Jérusalem. À l’issue de la séance, il s’est vu interdire l’accès à Al-Aqsa pendant dix jours et attend désormais la décision finale du commandant de la police du district.
Al-Abbasi est une figure religieuse éminente parmi les Palestiniens de Jérusalem. En plus de son rôle de Qadi, il est prédicateur à la mosquée Al-Aqsa et membre du Conseil islamique suprême de la ville. Il est reconnu pour ses activités religieuses, éducatives et judiciaires.
Selon les autorités israéliennes, al-Abbasi aborde régulièrement des questions sociales et politiques dans ses sermons et ses enseignements, notamment en exprimant son soutien aux habitants de Gaza et en critiquant les politiques israéliennes.
Il a été arrêté à plusieurs reprises par le passé, principalement en lien avec ses discours à Al-Aqsa. En 2017, il a été condamné à 30 mois de prison pour des accusations liées à l’incitation.
En août 2024, il a prononcé un discours en hommage au dirigeant du Hamas, Ismail Haniyeh, décédé en Iran, depuis la chaire d’Al-Aqsa. À la suite de ce discours, il a été interdit d’accès au site pendant six mois. Un an plus tard, il a de nouveau été interpellé après avoir donné un cours religieux sur la situation à Gaza, puis relâché quelques heures plus tard avec un avertissement.
En raison des restrictions actuelles, al-Abbasi devrait passer le Ramadan de cette année à son domicile, loin des dizaines de milliers de fidèles attendus à la mosquée Al-Aqsa.


