Les tensions autour du Tombeau des Rois à Jérusalem-Est, ravivées ces dernières semaines, ont atteint un pic cette semaine, dans la nuit de dimanche à lundi, lorsqu’un groupe d’environ 100 fauteurs de troubles a tenté de forcer l’entrée du site, propriété du gouvernement français.
La police du district de Jérusalem a dû disperser les émeutiers à l’aide de moyens de maintien de l’ordre. Un suspect a été arrêté et trois policiers ont été légèrement blessés.
Au cours de la semaine الماضية, un groupe de fidèles du rabbin Eliezer Berland de la yeshiva « Shuvu Banim » a été documenté, notamment par le journaliste Shlomi Heller, tentant à plusieurs reprises de pénétrer dans le site privé malgré l’interdiction de la police, exigeant un accès libre pour la prière.
Dans un communiqué, la police du district de Jérusalem a déclaré : « Les forces de police ont opéré dans la zone du Tombeau des Rois à Jérusalem après une tentative d’environ 100 fauteurs de troubles de pénétrer de force dans un site privé et d’y entrer illégalement, tout en affrontant les policiers qui tentaient de les disperser. Un suspect a été arrêté. Les forces ont utilisé des moyens pour repousser les émeutiers et rétablir l’ordre public. Trois policiers ont été légèrement blessés et soignés sur place ».
Qu’est-ce que le Tombeau des Rois à Jérusalem et qui y est enterré ?
Le Tombeau des Rois à Jérusalem est un site archéologique impressionnant qui combine histoire ancienne, conflits religieux et complexité diplomatique. Le complexe est situé dans le quartier de Sheikh Jarrah (Shimon HaTzadik), sur la rue Salah ad-Din à Jérusalem-Est. Il s’agit d’un ensemble funéraire taillé dans la roche, comprenant une vaste cour, un escalier monumental et un réseau de chambres souterraines. La plupart des chercheurs et archéologues identifient le site comme le lieu de sépulture de la reine Hélène d’Adiabène et de sa famille, qui se sont converties au judaïsme et sont venues à Jérusalem au Ier siècle de notre ère.
Le nom « Tombeau des Rois » provient de traditions anciennes, notamment mentionnées par le géographe Pausanias, qui attribuaient le site aux rois de la maison de David. Les recherches modernes ont toutefois rejeté cette hypothèse en raison de la datation du monument à la fin de la période du Second Temple. Certains groupes religieux, notamment des fidèles de « Shuvu Banim », considèrent le site comme sacré, parfois identifié comme la tombe de Kalba Savua, et réclament un accès libre à la prière sans restrictions, à l’image de lieux comme le tombeau de Rachel ou la grotte des Patriarches.
Au XIXe siècle, le terrain a été acheté par une famille juive française, la famille Pereire, afin de le préserver pour le peuple juif. Après la mort des frères, leurs héritiers ont transféré le site au gouvernement français en 1886. Depuis lors, la France conserve la propriété du complexe, considéré comme territoire français, à l’instar de l’église Sainte-Anne à Jérusalem. Le site est resté fermé au public pendant de nombreuses années en raison de travaux de conservation et de différends sur les modalités de visite, et a rouvert en 2019 avec des restrictions strictes, notamment une inscription préalable, un paiement et un nombre limité de visiteurs.
Les tentatives de groupes juifs de « récupérer » le site par voie judiciaire ont échoué jusqu’à présent en raison de l’immunité diplomatique dont bénéficie le complexe. Le gouvernement français considère le site comme un bien culturel souverain. Les autorités françaises craignent que sa transformation en synagogue de facto n’endommage sa préservation et son statut international. Divers groupes ultra-orthodoxes qui ne reconnaissent pas le cadre juridique actuel mènent des tentatives répétées d’entrée forcée sans coordination, entraînant des affrontements récurrents avec la police et les gardes du consulat français.


