Un poignard d’une bataille à Jérusalem: que révèlent les hackers iraniens?

Dans le contexte d’un piratage présumé par des hackers iraniens du téléphone de l’ancien chef d’état-major: quelle est l’histoire du poignard issu de la bataille de la Colline des Munitions à Jérusalem et de son transfert à la Jordanie?
L’ancien chef d’état-major israélien Herzi Halevi remet un poignard au chef d’état-major jordanien lors d’une rencontre secrète liée à la bataille de la Colline des Munitions à Jérusalem
L’ancien chef d’état-major israélien Herzi Halevi aux côtés de son homologue jordanien lors d’une rencontre secrète au cours de laquelle un poignard appartenant à un soldat jordanien tué à la Colline des Munitions à Jérusalem a été remis

Dans l’une des vidéos diffusées ces derniers jours par des hackers iraniens du groupe «Handala», on voit l’ancien chef d’état-major israélien, le général Herzi Halevi, lors d’une rencontre secrète. Vêtu en civil, il remet au chef d’état-major jordanien, le général Youssef Al-Hunaiti, un poignard ayant appartenu à un soldat jordanien tué lors de la bataille de la Colline des Munitions à Jérusalem pendant la guerre des Six Jours en 1967.

Selon les hackers, ces documents ont été obtenus après le piratage du téléphone portable de l’ancien chef d’état-major. Ces fuites s’inscrivent dans une campagne psychologique et informationnelle visant à embarrasser à la fois Israël et ses services de sécurité, ainsi que les régimes de la région, en particulier la Jordanie, en les présentant comme entretenant des relations étroites et «chaleureuses» avec l’armée israélienne, dans un contexte de fortes tensions régionales. Pour le public israélien, ces révélations dévoilent une partie des relations sécuritaires étroites qui se déroulent en coulisses.

Comment la bataille de la Colline des Munitions à Jérusalem est-elle liée à ce poignard?

L’histoire du poignard renvoie à l’un des combats les plus célèbres et les plus intenses de la guerre des Six Jours de 1967 – la bataille de la Colline des Munitions à Jérusalem. Le deuxième jour de la guerre, des parachutistes de réserve de la brigade 55 se sont retrouvés engagés dans un affrontement acharné contre des soldats de la Légion arabe jordanienne retranchés dans des bunkers fortifiés. À l’issue de la bataille, la position a été conquise et les forces ont poursuivi leur avancée vers la Vieille Ville. Trente-six parachutistes israéliens et 70 soldats jordaniens ont été tués. Un site commémoratif a ensuite été érigé sur place.

Plus de cinquante ans plus tard, en 2021, lors de travaux d’infrastructure liés à la ligne rouge du tramway de Jérusalem ou de rénovations du site commémoratif (les détails exacts restant confidentiels), des fouilles archéologiques ont permis de découvrir les restes d’un soldat jordanien, ainsi que son poignard personnel.

Les restes ont été inhumés lors d’une cérémonie organisée en coopération entre l’armée israélienne, la police israélienne et les autorités jordaniennes, et qui a été rendue publique. Le cercueil, enveloppé dans le drapeau jordanien, a été transporté vers la mosquée Al-Aqsa sur l’esplanade des Mosquées, où une prière funéraire a été tenue en présence de représentants officiels de l’armée jordanienne. Après la prière, les restes ont été conduits lors d’un cortège militaire vers le cimetière des soldats de la Légion jordanienne près de la porte des Lions, au nord-est de la Vieille Ville de Jérusalem.

L’histoire du poignard et de sa remise à la Jordanie n’avait jamais été officiellement publiée et n’est apparue qu’après la fuite du groupe «Handala». La cérémonie secrète de remise aurait eu lieu en 2023, avant le déclenchement de la guerre à Gaza.