Entre les sirènes de la semaine dernière et les étals de pastèques rue Agripas, l’atmosphère à Jérusalem commence à se détendre. Le soleil tape comme toujours, et dans les jours à venir, des rires d’enfants pourraient à nouveau résonner dans les cours d’école participant au programme « École des grandes vacances ». Au marché Mahane Yehuda, les marchands prévoient de rouvrir leurs étals – avec l’espoir de voir des clients, pas des alertes.
Le cessez-le-feu entre Israël et l’Iran est encore fragile, mais à Jérusalem, beaucoup veulent croire en une éclaircie.
« Je pensais qu’on n’ouvrirait pas du tout cet été », confie Itzik, vendeur de fruits depuis plus de vingt ans. « Ces dernières semaines, on est restés chez nous, l’esprit ailleurs. Mais là, doucement, les gens reviennent. Peut-être que ce ne sera pas un été normal — mais au moins, un début de quelque chose. »
Des camps d'été à la place des abris
Si la situation sécuritaire reste stable, la municipalité de Jérusalem devrait annoncer dans les prochains jours la relance complète des activités estivales : colonies de vacances, ateliers, spectacles de quartier et programmes éducatifs pour les enfants.
(À Jérusalem, le centre Ramot poursuit sa routine)
« Les animateurs sont prêts, les enfants aussi », raconte Sharon, mère de trois enfants dans le quartier de Pisgat Zeev. « On a tout suspendu pendant deux semaines – plus d’activités, plus rien. Maintenant, on essaie de reprendre. Les enfants en ont besoin. Peut-être même plus que nous. »
La plupart des camps se dérouleront à proximité d’abris, au cas où le calme ne serait que temporaire
Et les touristes français ? Un espoir fragile
Dans la vieille ville, les commerçants observent un léger frémissement. Quelques visiteurs circulent, mais loin de l’effervescence habituelle. Si le cessez-le-feu se confirme, Jérusalem espère retrouver peu à peu les voyageurs venus de France, un public autrefois fidèle – culturellement et émotionnellement.
« L’été peut encore se retourner », estime Shula, qui tient une boutique de souvenirs près de la porte de Damas. « Il y a quelques touristes, surtout ceux qui n’ont pas annulé. Mais les groupes ? Ils sont encore absents. Il nous faut deux semaines de vrai calme – et ils reviendront. Jérusalem, on ne l’oublie pas. »
Et ainsi, entre pastèques et épices, entre camps prudents et abris toujours ouverts – Jérusalem tente de retrouver son souffle. Un été en équilibre, avec beaucoup d’espoir


