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Jérusalem pleure encore : le Mur à Tisha Beav

Les prières montent, les larmes coulent – Jérusalem porte le chagrin d’un peuple brisé
A woman raises her hands in prayer at the Western Wall in Jerusalem before Tisha B’Av
Une femme en prière devant le Mur occidental à Jérusalem, à la veille de Tisha Beav – un moment de douleur et d’espoir mêlés (Photo : Zili Grossman)

À l’approche de Tisha Beav 2025, Jérusalem se pare d’un voile de douleur, de spiritualité et de mémoire collective. Au Mur occidental, les foules affluent déjà. Les files s’allongent aux arrêts de bus et au contrôle de sécurité – bien avant la lecture traditionnelle des Lamentations

Parmi les fidèles, des mendiants rappellent que la charité peut aussi sauver des vies. La chaleur accablante de la fin de juillet ouvre le mois de Av – celui des deux destructions du Temple – et l’atmosphère lourde semble raconter d’elle-même les drames du passé

Les papiers tombent, les prières s’élèvent

Dans la section réservée aux hommes, des rouleaux de la Torah richement décorés restent ouverts jusqu’aux derniers instants avant le mois du deuil. De l’autre côté, des mains de femmes s’élèvent vers le ciel avec ferveur : santé, amour, paix, justice divine. Le Mur est saturé de petits papiers, ses fissures pleines à craquer, certains billets tombant au sol comme débordant d’émotions

(Depuis le mont Herzl, une onde de choc nationale)

Des lamentations anciennes et nouvelles

Les responsables du Mur se préparent à accueillir les milliers de visiteurs attendus. Outre les lamentations traditionnelles sur les destructions du passé, d’autres se sont ajoutées au fil des siècles : la Shoah, les croisades, l’Inquisition, les autodafés. Cette année, une nouvelle kénah évoque le massacre du 7 octobre 2023 : "Kénah de Beeri", écrite par le poète Yigal Rosh

Un miroir sacré des blessures d’aujourd’hui

Mais ce lieu sacré n’est pas qu’un vestige du passé. Il reflète aussi le présent. Une mère et sa fille, épingle des otages sur la poitrine, prient en silence. « Ce n’est pas que le Temple qui a été détruit », murmure la fille. « On dirait que notre unité, notre confiance, notre espoir sont en train de se fissurer

La Ville de Jérusalem et la Fondation du patrimoine du Mur prévoient des événements spéciaux : visites guidées, prières pour les soldats de Tsahal, pour le retour des otages, pour les blessés – et pour la paix

(Choc à Jérusalem : « Shoah à Gaza » au centre-ville)

Le Mur devient alors bien plus qu’un lieu saint. C’est un miroir du peuple juif. Un espace où les douleurs anciennes croisent les souffrances du présent. Comme l’a dit une femme en larmes : « Le vrai défi, ce n’est pas seulement pleurer ce qu’on a perdu, mais savoir si on est prêt à protéger ce qui nous reste