À la station de Bar-Ilan, ils étaient des dizaines à patienter. Des pères épuisés, des femmes avec poussettes, des enfants qui suent sous le soleil.
Mais l’autobus n’est jamais venu
Derrière ce vide, une réalité complexe : plusieurs quartiers de Jérusalem-Est sont sous restrictions de circulation depuis le début de la guerre contre l’Iran.
Et de nombreux chauffeurs – souvent arabes – ne peuvent ni quitter leur domicile, ni traverser certains secteurs sans risquer l’agression
Le bus n’arrive pas – et personne ne prévient
« J’ai attendu près d’une heure et demie », témoigne Shlomo M., habitant du quartier ultraorthodoxe de Mea Shearim
« Au début, on pense à un retard. Puis un autre chauffeur m’a dit que certains collègues ne peuvent pas sortir de chez eux. C’est une ville ou un désert, ici ? »
Même scène sur la ligne 74. Trente personnes font la queue. Personne ne sait si le prochain bus viendra
« Je suis avec mon bébé de 12 mois, en plein soleil », raconte Léa R
« On nous promet des remplaçants, mais à chaque fois l’application annule. Ils ne disent pas la vérité : c’est la guerre qui paralyse Jérusalem. »
(Le Mur des Lamentations vidé par la guerre Iran-Israël)
Être chauffeur – un métier devenu impossible
Dans la capitale, une grande partie des chauffeurs de bus viennent de Jérusalem-Est
En temps normal, ils passent des checkpoints, subissent des tensions. En temps de guerre ? Ils restent chez eux
« Je ne peux pas traverser vers l’ouest », confie un chauffeur sous anonymat
« Si je conduis un bus maintenant, certains dans mon quartier diront que je collabore. Ma famille me supplie de ne pas sortir. On a peur. »
Selon des sources internes, jusqu’à 30 % des chauffeurs réguliers de Jérusalem-Est sont absents depuis le début de l’escalade
Jérusalem arrêtée – au cœur d’un conflit mondial
Le système des transports en Israël était fragile avant même la guerre. Mais aujourd’hui, c’est une fracture à ciel ouvert
Les plus touchés ? Les pauvres, les mères seules, les lycéens sans voiture, les anciens qui dépendent des lignes
Et à Jérusalem – ville éternelle devenue théâtre d’un affrontement géopolitique – c’est la vie quotidienne qui vacille
Comme le dit un usager
« Quand il n’y a plus de bus, y a-t-il encore une ville ? »


