À Jérusalem – ville où se croisent sainteté, folie, espoir et effondrement – une institution psychiatrique se retrouve au cœur d’une question troublante : un cadre thérapeutique peut-il contenir un individu en pleine désintégration intérieure
À Kfar Shaul, hôpital psychiatrique bien connu situé entre le mont Herzl et Har Nof, un incident grave s’est produit récemment : un patient âgé d’environ 60 ans a été retrouvé sans vie à l’intérieur de l’établissement. Le principal suspect est un autre patient, dans la trentaine, également hospitalisé sur place. Ce qui choque le plus : il avait déjà été admis à l’hôpital suite à des soupçons de meurtre – de sa propre mère
Quand traitement et menace partagent la même pièce
Selon la police, des agents de la station Moriah ont été appelés sur les lieux et ont immédiatement ouvert une enquête. Les équipes médico-légales du district de Jérusalem ont travaillé sur la scène, et le suspect a été arrêté. Sa détention a été prolongée jusqu’au 10 juillet
(Double mort à Mevasseret Zion : piste criminelle envisagée)
L’affaire soulève des questions discrètes mais profondes : peut-on vraiment réhabiliter une personne déjà soupçonnée de meurtre ? Le soin psychiatrique et la responsabilité pénale peuvent-ils coexister ? Et quel niveau de protection un établissement peut-il réellement offrir
Complexité éthique – et fracture silencieuse
Le Dr Gilad Bodenheimer, directeur des services de santé mentale au ministère israélien de la Santé, a déclaré :
« Nous faisons de grands efforts pour que tous les patients soient protégés et surveillés, afin qu’ils ne représentent pas un danger les uns pour les autres. L’équilibre entre liberté individuelle, contrainte et restriction est d’une complexité éthique
Kfar Shaul n’est pas qu’un hôpital – c’est aussi une mémoire blessée
L’hôpital est construit sur les ruines du village palestinien de Deir Yassin, dont le nom continue de résonner dans les débats sur le passé et l’avenir. Fondé dans les années 1950, l’établissement est vu par beaucoup comme une simple institution médicale – mais pour d’autres, il reste un symbole. L’incident récent, où un patient aurait tué un autre, a transformé cet endroit en miroir – où se croisent éthique, limites et mémoire
(De Jérusalem à Gaza : la fin sanglante d'Abou Sninah)
Personne ne cherche à accuser. Ce n’est pas une affaire de culpabilité – mais de rupture. Même entre des murs thérapeutiques, le danger peut surgir. Pas de l’extérieur. De l’intérieur


