Dans un monde où le football est devenu un pont entre les peuples, les religions et les identités – Jérusalem reste en arrière. Des joueurs musulmans jouent aux côtés de chrétiens en Europe, de juifs en Amérique, et les plus grands clubs intègrent tous ceux qui ont du talent. Mais dans une ville qui se veut universelle, un club trace encore des lignes : le Beitar Jérusalem, principal club de la ville, n’a montré aucun intérêt pour l’un des joueurs les plus demandés – qui est, en l’occurrence, arabe
Le football, censé unir
devient à Jérusalem un symbole de séparation
(L’été à Jérusalem – et la peur des parents)
Hammoudi Kana’an : l’un des noms les plus en vue – mais pas pour tous
À 25 ans, originaire de Majd al-Krum, Kana’an a marqué 33 buts en cinq saisons à l’ASHDOD et fait partie des effectifs nationaux juniors et seniors. À l’été 2025, il est convoité par deux clubs seulement – le Maccabi Haïfa et le Hapoel Beer Sheva. Ce dernier l’a finalement recruté, dans l’un des transferts majeurs de la saison
Mais au Beitar Jérusalem – aucun intérêt exprimé
Hasard ? Peut-être
Mais pour beaucoup, cela semble faire écho à un schéma bien connu
« Pure à jamais » : un slogan qui dicte encore la politique
Le slogan « Pure à jamais », autrefois scandé dans les tribunes, n’a jamais vraiment disparu. Il continue d’influencer – par le silence, par la pression – certaines décisions internes. Depuis des années, aucun joueur arabe n’a signé au club, même lorsque des pistes sérieuses existaient
La pression des supporters, notamment du groupe La Familia, a souvent suffi à bloquer toute ouverture
Quand le sport se plie à l’extrémisme – la perte dépasse le cadre du terrain
(L’été à Jérusalem – et la peur des parents)
Une exclusion implicite qui touche toute la ville
Quand le club phare de Jérusalem évite même de considérer un joueur arabe – le message est clair
Jérusalem, censée représenter la diversité et l’ouverture, érige une barrière ethnique sur son terrain central.
Ce qui pourrait sembler être un choix sportif
est perçu comme un rejet de principe
Pas un pont – juste une fracture de plus
Kana’an, joueur talentueux, respecté, citoyen israélien – n’a même pas été envisagé par le Beitar
Non pour son niveau
mais très probablement pour son nom
Et si, en 2025, un joueur arabe reste inenvisageable à Jérusalem – ce n’est pas seulement le football qui a perdu
C’est la ville
Et nous tous


