Un jour seulement après l’annonce du cessez-le-feu entre Israël et l’Iran, le pays se réveille avec un goût de poussière et de béton brisé. Du nord au centre, les images sont les mêmes : immeubles effondrés, quartiers éventrés, familles déplacées. Mais à Jérusalem, intacte, un autre discours émerge
Une ville épargnée, mais pas indifférente
À première vue, Jérusalem semble loin du champ de bataille. Aucun missile ne l’a frappée. Et pourtant, ses urbanistes veulent faire de cette absence une force
« Justement parce que la ville n’a pas été touchée, elle peut prendre de l’avance », explique Michal Rosenblum, urbaniste municipale
« On parle ici de résilience – pas seulement architecturale, mais sociale et émotionnelle. Accélérer les projets de rénovation, adapter le plan TAMA 38, autoriser des démolitions-reconstructions plus rapidement… Ce n’est plus une affaire de promoteurs, c’est une affaire de société. »
(Bleu, blanc et rouge : une nuit d'espoir à Jérusalem)
Ancien contre moderne : le constat est clair
Les ingénieurs ayant inspecté les dégâts dans les autres villes du pays sont unanimes
les immeubles des années 50 à 70 se sont effondrés comme des châteaux de cartes. En revanche, ceux renforcés ou construits récemment ont, dans bien des cas, tenu bon
« Il faut arrêter d’hésiter », déclare Shlomo Zucker, ingénieur structurel à Jérusalem
« Si on ne veut pas vivre sous la peur, on doit renforcer nos quartiers les plus vulnérables. Pas dans 10 ans – maintenant. »
Une blessure invisible, un besoin de repères
Même sans destruction, la guerre a laissé des traces mentales
« L’immeuble est debout, mais nous on vacille », écrit Uri, père de famille à Jérusalem, dans une publication devenue virale.
« Mes enfants posent chaque soir la même question : “Est-ce qu’on va nous tirer dessus ?” Alors oui, moi je veux qu’on renforce le bâtiment. Pas pour la valeur. Pour le calme. »


