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Même l’élite cède : Emek Refaim change de visage

Après des années de résistance, le quartier emblématique de Jérusalem entre dans l’ère du tramway léger
Light rail construction in Jerusalem’s Emek Refaim area symbolizes the city’s urban and cultural transformation
Travaux du tramway léger – l’élite recule, les rails avancent (Photo : Jérusalem en ligne – Barry Shahar)

Ce n’est pas qu’une rue
Emek Refaim n’a jamais été un simple itinéraire — c’était une vitrine : de statut, de mode de vie, et d’une idéologie urbaine farouchement attachée à son identité. Aujourd’hui, même la Colonie Allemande à Jérusalem cède la place au tramway. Un symbole, peut-être, de la fin d’un certain monde

Les travaux de la ligne bleue : d’option à réalité

Cette semaine, les travaux d’infrastructure débutent sur Emek Refaim – un tronçon autrefois considéré comme une ligne rouge par les opposants au tramway. La société Moriah lancera des forages souterrains pour protéger les arbres anciens de l’avenue. Ensuite, l’opérateur JTRAIN posera les rails, promettant de limiter les perturbations pour les commerces et les piétons

(À Jérusalem, une fontaine croule sous les déchets)

Durant les travaux, la rue deviendra temporairement à sens unique. La circulation sera déviée vers des rues voisines telles que Kovshei Katamon, 29 Novembre, Sheskin ou Elazar HaModaï. Un parking provisoire sera également ouvert rue Azaria

Entre passé et futur : une transformation mondiale

Jérusalem n’est pas seule
Depuis dix ans, de nombreuses villes historiques ont vu leurs artères les plus anciennes traversées par des lignes modernes de transport
À Lisbonne, les tramways longent des ruelles du XVIIIe siècle ; à Prague, les rails serpentent entre palais impériaux ; et à Budapest, des stations futuristes ont poussé face aux cafés de l’élite politique d’antan

Partout, le même scénario : la résistance, les cris, les rues éventrées. Puis, une fois les rails installés, l’étonnement – le passé n’est pas effacé. Il est mis en valeur

Quand cela a-t-il vraiment commencé ? Quand l’élite a perdu

La vraie question n’est pas "quand les travaux ont commencé", mais plutôt : "quand les opposants ont-ils perdu leur influence

(La révolution du béton à Jérusalem et son prix silencieux)

Depuis une décennie, Emek Refaim a cessé d’être une enclave bourgeoise pour devenir un axe de liaison entre Gilo et le Mont Scopus. Ce n’est ni une révolution politique ni une soumission idéologique – c’est juste Jérusalem qui avance

Et ce n’est pas un hasard
Cette rue accueillera l’une des stations majeures de la future ligne bleue : 31 km, 250 000 voyageurs quotidiens, et trois itinéraires principaux – Gilo–Ramot, Malha–Mont Scopus, Givat Hamatos–Hadassah Ein Kerem. Au centre de tout cela : la Colonie Allemande

Un tramway, une mémoire – et une reddition discrète

Le projet ne se limite pas à poser des rails. Il redessinera entièrement la rue : trottoirs, bancs, végétation, éclairage.
Là où l’on refusait tout changement – se dressera bientôt l’une des stations les plus modernes de Jérusalem

C’est peut-être ainsi que les époques se terminent 
Sans slogans, sans recours en justice, sans cris – juste une station, tranquille, là où régnait autrefois le prestige