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Tout le monde sait : l’accord ne viendra pas de Jérusalem

Einav Tzangauker a étreint Netanyahou à Nir Oz – mais seul Trump peut faire revenir son fils
Einav Tzangauker and Netanyahu in Nir Oz, with Trump’s portrait and the Knesset dome in Jerusalem illuminated in the background
Einav Tzangauker enlace Netanyahou à Nir Oz. En arrière-plan : le portrait de Trump et la coupole illuminée de la Knesset à Jérusalem (Photo : Daniel Torok)

Alors que le Premier ministre Benyamin Netanyahou effectuait une visite à Nir Oz – le kibboutz où son fils Matan Tzangauker, un jeune habitant d’Ofakim, a été enlevé – Einav, sa mère, l’a rencontré en face à face. Elle l’a étreint, les regards se sont croisés, des paroles pleines de douleur et d’espoir ont été échangées. Mais le sentiment partagé autour de ce moment est presque universel : l’accord qui pourrait ramener Matan à la maison ne sera pas signé à Jérusalem. Il se jouera à Washington

Trump a une motivation – et l’accord se précise

Les négociations pour un accord sur les otages approchent d’un point critique. Selon les rapports, Israël pourrait récupérer une dizaine d’otages vivants sur les vingt encore détenus à Gaza, ainsi que les corps d’une trentaine d’Israéliens tués pendant la guerre. En échange, un cessez-le-feu prolongé serait exigé – peut-être le plus long depuis le début du conflit

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Dans ce contexte, le président américain Donald Trump apparaît comme celui qui fait bouger les lignes en coulisses. Même s’il ne joue aucun rôle officiel dans les pourparlers, il est clair qu’il a un intérêt dans la réussite de l’accord – qui pourrait le mettre en valeur comme un homme d’État capable d’apporter la stabilité au Moyen-Orient, et de mener des démarches historiques depuis la Maison-Blanche

Trump a entretenu au fil des ans des relations étroites avec le Qatar, les dirigeants israéliens et d’autres acteurs clés de la région. Aujourd’hui, même un signal politique de sa part pourrait exercer une pression – ou ouvrir des portes. Et alors que l’accord semble proche, chaque geste en provenance de Washington pourrait s’avérer décisif

À Nir Oz – le cœur avec son fils, les yeux vers l’Amérique

La rencontre entre Netanyahou et Einav a eu lieu à Nir Oz, sur la terre même où le temps s’est arrêté pour elle. Ce n’était ni une cérémonie officielle à la Knesset, ni une conférence de presse – mais un moment chargé d’émotion sur les lieux où la vie de sa famille a été brisée. Einav se tenait face au Premier ministre, mais elle comprend peut-être que celui qui peut vraiment changer les choses ne se trouvait pas en face d’elle – il est à Washington

Pourtant, l’image ci-dessus montre aussi la coupole illuminée de la Knesset à Jérusalem – symbole d’un État souverain, démocratique, doté d’institutions. Mais Jérusalem – ville de symboles et de ministères – semble soudain faible face au pouvoir de Washington. Ce n’est plus l’endroit où les décisions sont prises, mais celui où on en ressent les conséquences

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Pour les familles des otages, la Knesset est aujourd’hui rien de plus qu’un arrière-plan. Le véritable pouvoir, selon elles, se trouve bien loin de la place – dans d’autres couloirs du pouvoir

Entre les larmes et les centres de décision

L’acceptation d’un cessez-le-feu ne se fera pas par des pancartes dans les rues, mais par des discussions diplomatiques. L’impulsion pour faire avancer l’accord ne viendra pas d’un député israélien – mais d’un haut responsable de la Maison-Blanche ou d’un proche de la direction qatarie

Les familles israéliennes poursuivent leur lutte : manifestations, lettres, interviews. Mais leur combat ne vise plus uniquement leur propre gouvernement. Il se heurte désormais à un ordre mondial dans lequel Israël dépend de la volonté d’autrui. Les grandes décisions – celles qui ramènent les enfants à la maison – dépendent désormais de forces bien au-delà de ses frontières