Dans une ville connue pour son tumulte sacré, son vacarme historique, sa musique vivante – un silence inattendu s’est installé.
Sur la place Safra, un piano jaune reste immobile. Il porte un nom : Alon Ohel
Ce jeune homme de 24 ans, musicien, étudiant brillant, est retenu captif par le Hamas depuis plus de 600 jours. Le piano a été placé ici pour faire entendre sa voix à travers les notes qu’il aimait. Mais aujourd’hui, personne ne s’en approche. Personne ne joue
Et dans ce vide – c’est toute une société qui se tait
Le piano devait parler – mais plus personne n’écoute
Ces derniers mois, Jérusalem a vu s’élever des voix, des graffitis, des actions publiques pour les otages.
Mais la guerre avec l’Iran, les alertes, la peur – tout cela a englouti l’attention
Le piano, pourtant, n’est pas un simple objet. Il a été posé ici comme un appel sans mots, une mémoire à ciel ouvert. Aujourd’hui, même cette mémoire est muette
(À Jérusalem, le pont s’éteint pendant la guerre)
Et c’est peut-être là, le plus grand danger
Quand la solidarité s'efface – les sociétés s'effondrent
La sociologie moderne le dit clairement : la solidarité est le ciment des communautés
En temps de crise, elle empêche l'effondrement moral
Mais quand elle disparaît – surgissent suspicion, fragmentation, vide collectif
Une étude de l’Université de Cambridge a montré que dans les sociétés menacées de l’extérieur, la perte de solidarité interne mène rapidement à l’instabilité
Et à Jérusalem, si la guerre contre l’Iran fait la une – la véritable fracture pourrait bien être intérieure
Entre la place et la captivité – une ville devient sourde
La place Safra n’a jamais été un lieu de silence. Mais aujourd’hui, le piano ne joue plus
Et peut-être qu’avec lui, c’est une part de conscience collective qui s’éteint
Jérusalem ne dort pas. Mais quand on oublie une personne – on oublie peu à peu ce que l’on est


