pproche de Pessah 2026, Jérusalem revêt la tension familière des jours précédant la fête. Les rues sont bondées, les supermarchés pleins et les produits levés disparaissent des foyers. Au milieu des préparatifs, des listes et du nettoyage, quelque chose de plus discret se produit : les caisses de charité, les associations et les initiatives de quartier se mobilisent avec générosité autour de la tradition du « Kimcha de Pessah » – un geste de solidarité juif qui revient chaque année avant la fête.
Qu’est-ce que le « Kimcha de Pessah » et pourquoi est-il important avant la fête ?
À Jérusalem, il est de plus en plus clair qu’il ne s’agit pas seulement d’une aide technique pour acheter de la matsa, du vin et des produits alimentaires, mais d’une expression plus large de responsabilité collective. Dans son sens le plus simple, le « Kimcha de Pessah » est une coutume ancienne, vieille d’environ 1 500 ans, qui consistait à aider les personnes dans le besoin avant Pessah afin que chacun puisse s’asseoir à la table de fête avec dignité.
Le terme araméen lui-même – « farine de Pessah » – reflète un monde ancien où l’aide se concentrait sur les ingrédients de base nécessaires à la préparation de la matsa et des repas de fête. Mais comme de nombreuses traditions à Jérusalem, celle-ci a évolué. Il ne s’agit plus seulement de farine, mais de paniers alimentaires. Plus seulement de produits, mais aussi de bons d’achat. Et au-delà des dons, cela inclut l’emballage, le transport, la cuisine, l’organisation, la médiation, l’accompagnement et une attention humaine simple – jusqu’à aider ceux qui n’ont pas d’endroit où célébrer le Seder.
Comment le « Kimcha de Pessah » est-il devenu un symbole de solidarité à Jérusalem ?
Le « Kimcha de Pessah » prolonge naturellement l’esprit de générosité juif déjà visible lors de la fête de Pourim, à travers les cadeaux et les dons aux plus démunis. Mais si Pourim met l’accent sur la joie partagée, Pessah relie cette tradition à la famille, au repas, à l’engagement et à l’attention portée aux autres.
Le récit de la sortie d’Égypte, de l’esclavage à la liberté, constitue une mesure de la manière dont une société traite ses membres les plus vulnérables. Cette idée est enracinée dans le Deutéronome : « S’il y a chez toi un pauvre parmi tes frères… tu n’endurciras pas ton cœur et tu ne fermeras pas ta main » (Deutéronome 15:7). Et dans le Cantique de Déborah : « Quand le peuple se porte volontaire, bénissez le Seigneur » (Juges 5:2).
Le poète Haïm Nahman Bialik a repris cette idée morale dans son œuvre connue. Dans les synagogues de Jérusalem, pour la deuxième semaine consécutive, des appels aux dons sont lancés avant la fête de la liberté. Dans toute la ville, des affiches rappellent de tendre la main aux personnes dans le besoin.
Comme beaucoup le ressentent, ce principe prend aujourd’hui de multiples formes – aide aux agriculteurs, aux personnes âgées, aux soldats isolés, aux familles touchées par les récentes guerres et à toute personne en difficulté. C’est un « Kimcha » de solidarité et d’entraide, un « Kimcha » de fraternité, actif toute l’année et qui illumine les vies par la générosité et la bienveillance.


