Ahmad al-Dajani, qui dirige le comité chargé des cimetières musulmans à Jérusalem au nom du waqf, a été arrêté le 9 avril 2026 à son domicile dans le quartier de Shuafat, au nord de Jérusalem. Il a été interrogé pendant quatre jours pour soupçon d’incitation sur les réseaux sociaux en lien avec ses activités, avant d’être libéré dimanche dernier sous conditions restrictives.
Al-Dajani a un lien personnel avec les cimetières dont il s’occupe – son grand-père, dont il porte le nom, avait été désigné par le sultan ottoman Soliman le Magnifique pour garder le tombeau du roi David sur le mont Sion à Jérusalem. Après sa mort, le cheikh al-Dajani a été enterré dans le cimetière musulman de Mamilla, situé dans le parc de l’Indépendance au centre de Jérusalem, aujourd’hui sous la responsabilité de son petit-fils au nom du waqf.
Que se cache-t-il derrière les publications sur les cimetières musulmans à Jérusalem ?
En plus du cimetière de Mamilla, al-Dajani est également responsable de l’entretien du cimetière de Bab al-Rahma, situé près du côté nord-est du mont du Temple. Ces deux sites sont particulièrement sensibles et constituent un point de friction entre les autorités israéliennes et l’administration du waqf concernant les questions de compétence, de contrôle et de souveraineté. Dans ce contexte, al-Dajani a publié au début du mois deux messages considérés comme incitatifs.
Dans le premier, publié le 3 avril 2026, il a partagé une photo de la tombe de son grand-père accompagnée du texte : « Nos cimetières ne sont pas de simples pierres, ils sont notre histoire et notre existence dans cette ville. Toute tentative de fouiller les tombes est une attaque contre notre foi ». Ce message s’inscrit dans le contexte des travaux en cours dans le parc de l’Indépendance, où se trouve le cimetière musulman.
Dans un autre message publié le 7 avril 2026, après une visite au cimetière de Bab al-Rahma, al-Dajani a écrit : « L’occupation impose des restrictions étouffantes aux fidèles pendant le Ramadan, et le cimetière de Bab al-Rahma est la première ligne de défense de la mosquée Al-Aqsa. Nous ne permettrons pas qu’il soit transformé en jardins talmudiques ». Ces propos interviennent dans le contexte des travaux d’aménagement d’un parc biblique (« Jardin du Roi ») autour des murailles de la Vieille Ville.
Il y a environ un an, lors d’une visite sur la tombe de son grand-père, al-Dajani a découvert qu’un homme juif s’était installé dans la structure commémorative (« tombe du cheikh ») construite au-dessus de la sépulture. Il a alerté la police et les services municipaux, qui ont évacué l’intrus.
Dimanche dernier, le juge Gad Ehrenberg du tribunal de paix de Jérusalem a ordonné la libération d’al-Dajani sous assignation à résidence pendant cinq jours, avec des conditions restrictives incluant l’interdiction d’entrer dans la Vieille Ville et ses environs (y compris les cimetières de Bab al-Rahma et de Mamilla) pendant 15 jours. Il lui est également interdit de publier des messages ou des déclarations sur les réseaux sociaux pendant deux semaines, et il a été contraint de déposer une caution personnelle et une garantie tierce de 5 000 shekels.


