Le remède secret de Jérusalem contre les symptômes des changements de saison

Quand les rendez-vous médicaux sont à des mois d’attente, un soulagement peut être trouvé au marché Mahane Yehuda à Jérusalem

Les mois d’avril et de mai marquent la période de transition entre les saisons. La pression sur le système de santé et la recherche d’un soulagement immédiat ramènent les habitants de Jérusalem vers les infusions, les épices et les plantes médicinales. Un rituel oscillant entre les remèdes de grand-mère et l’urgence du moment.

Dans le tramway qui traverse la ville, la foule est dense. Les toux se mêlent aux éternuements, un nez rouge essuyé sur une manche, tandis que circulent des murmures sur d’autres douleurs : « Ce n’est pas qu’un rhume, tout mon corps est endolori », confie une femme âgée à son amie, qui répond avoir déjà tout essayé sans succès. Les douleurs musculaires, dorsales et autres deviennent le sujet principal en cette période entre l’hiver et l’été, marquée aussi par des vagues de poussière qui s’infiltrent partout dans le corps, épargnant rarement quelqu’un. Le concert de toux, de démangeaisons et d’éruptions rougeâtres accentue le malaise général.

Le point commun est aussi clair que les symptômes. L’attente pour consulter un médecin est trop longue, poussant chacun à chercher des solutions par lui-même.

Comment le marché Mahane Yehuda à Jérusalem est-il devenu une alternative aux médecins pendant la transition des saisons ?

Le chemin vers le marché Mahane Yehuda mène directement aux boutiques d’herbes et d’épices. Sans s’attarder sur les fraises devenues moins chères, les nèfles fraîches ou la pastèque rouge coupée, les visiteurs viennent ici pour une seule raison : se sentir mieux immédiatement. Les échoppes d’épices sont animées.

Le gingembre frais est mis en sachet, recommandé en infusion pour apaiser la gorge irritée. Le curcuma est pesé et conseillé contre les inflammations et les douleurs articulaires. Les clous de girofle sont ajoutés au thé pour calmer les maux de dents et d’oreilles. La sauge, fraîche ou séchée, est proposée en infusion pour apaiser la gorge, tandis que la cannelle se retrouve dans presque chaque sac, réputée pour aider à réguler la glycémie et la tension.

Les exemples sont nombreux, et les promesses parfois grandes, mais derrière les comptoirs se trouve une sagesse populaire construite au fil des années. Tout n’est pas miraculeux, et tout ne convient pas à chacun. « Essayez doucement, observez comment votre corps réagit », conseille une vendeuse expérimentée à une cliente. Il s’agit d’un savoir transmis oralement, non d’une prescription officielle, mais d’une expérience accumulée.

Cette réalité n’est pas un hasard. Les changements climatiques saisonniers entraînent une hausse des maladies courantes. Le marché Mahane Yehuda devient une sorte d’étape intermédiaire, un lieu où l’on peut recevoir un conseil immédiat, même s’il ne relève pas de la médecine classique.

Les boutiques d’épices qui remplissent le marché ressemblent à une pharmacie à ciel ouvert. Une explosion de couleurs, des montagnes de poudres vives dans des bols brillants. Les arômes promettant santé et guérison enivrent les sens et tentent de convaincre de ce qui semble improbable : les épices utilisées dans les plats de gombo, de fèves ou de poisson ne sont pas seulement une question de goût, mais une forme d’assurance pour retrouver énergie et bien-être.

En cette saison, le marché Mahane Yehuda rend à ses visiteurs un certain équilibre, au moins jusqu’au rendez-vous chez le médecin, et peut-être même sans en avoir besoin.