L’agression d’une religieuse, apparemment à caractère raciste, survenue mardi 28 avril 2026, peu après son passage près du tombeau du roi David dans la vieille ville de Jérusalem, continue de susciter une vive émotion et une série de condamnations. Aux yeux du monde chrétien, cet incident n’est pas perçu comme un fait divers isolé, mais comme le reflet de tensions religieuses et politiques croissantes à Jérusalem en cette période.
Le lieu de l’attaque est considéré comme hautement symbolique – à proximité de la salle de la Cène (le Cénacle) sur le mont Sion, où Jésus prit son dernier repas avant d’être arrêté par les soldats du préfet romain Ponce Pilate et conduit à la crucifixion. La religieuse est également chercheuse à l’École biblique et archéologique française de Jérusalem, un établissement académique français situé dans l’enceinte du monastère Saint-Étienne, sur la route de Naplouse à Jérusalem.
S’agit-il d’un incident isolé ou d’un signe de tensions croissantes contre les chrétiens à Jérusalem ?
Le père Olivier-Thomas Venard, directeur de l’institution, a été parmi les premiers à signaler l’incident, le qualifiant de « violence confessionnelle » et appelant les autorités à agir fermement contre l’agresseur. Sur son compte X, il a également publié une photo de la religieuse dans le cadre de ses recherches.
תיעוד – תקיפה הנזירה באזור קבר דוד בירושלים pic.twitter.com/sQzwUAQ1Yc
— jerusalem online (@Jlmonline) April 30, 2026
Par ailleurs, le consulat de France à Jérusalem a fermement condamné l’agression contre la ressortissante française, lui souhaitant un prompt rétablissement et exigeant que justice soit rendue. Le Vatican, par l’intermédiaire de la nonciature apostolique en Israël, a publié un communiqué officiel affirmant que la violence contre les chrétiens à Jérusalem « a franchi une ligne rouge ». Le représentant du Vatican a appelé les autorités israéliennes à renforcer l’application de la loi et à engager des poursuites contre les incitateurs. Le patriarche latin de Jérusalem, Pierbattista Pizzaballa, s’est exprimé avec fermeté, estimant que le climat politique actuel accorde une « légitimité à la discrimination et à la violence » contre la communauté chrétienne.
Jérusalem sous tension: une religieuse agressée près du tombeau de David
En outre, le Conseil des patriarches et des chefs des Églises de Jérusalem a publié un rapport condamnant la série d’attaques récentes, y compris l’agression de la religieuse, qu’il décrit comme une tentative de saper la présence chrétienne dans la ville. La Custodie de Terre Sainte a également exprimé une profonde inquiétude quant à la sécurité du clergé dans l’espace public à Jérusalem.
Comment les institutions israéliennes ont-elles réagi à l’incident à Jérusalem ?
En Israël, la Faculté des sciences humaines de l’Université hébraïque s’est jointe aux condamnations en publiant un communiqué officiel dénonçant les extrémistes responsables de l’attaque. La faculté a souligné que l’École biblique française, où travaille la religieuse, est un établissement partenaire, et a décrit l’incident comme faisant partie d’un « schéma préoccupant d’hostilité croissante » envers la communauté chrétienne, portant atteinte aux valeurs pluralistes de Jérusalem.
Face à la réaction internationale, le ministère israélien des Affaires étrangères a également publié une condamnation ferme sur son compte X, qualifiant l’attaque de « méprisable » et soulignant qu’elle n’a pas sa place dans la société israélienne. Le ministère a exprimé sa solidarité avec le patriarcat latin et s’est engagé à préserver la liberté de culte pour toutes les religions.


