La Fondation Hind Rajab, qui poursuit des soldats de Tsahal ayant participé à la guerre « Glaives de fer » à Gaza, a déposé aux Pays-Bas une plainte judiciaire contre le réserviste sergent Shmuel Assouline, résident de Jérusalem, pour crimes de guerre présumés. Selon la plainte, le sergent Assouline, qui a servi pendant la guerre dans la compagnie « Zion » du bataillon « Netzah Yehuda » de la brigade Kfir, aurait été impliqué dans la destruction de bâtiments civils à Gaza.
La plainte s’appuie sur des contenus qu’Assouline aurait lui-même mis en ligne sur les réseaux sociaux, dans lesquels il se montre avec ses camarades à l’intérieur du bâtiment de la Cour suprême de Gaza, puis lors de sa destruction. Selon la fondation, Assouline séjournerait actuellement à Amsterdam.
Le dossier contre Assouline se concentre sur des éléments issus de son activité personnelle sur les réseaux sociaux, où il s’est filmé et localisé directement à l’intérieur de sites civils protégés. Le 24 janvier 2024, selon la plainte, Assouline a publié sur Instagram un album depuis la bande de Gaza contenant deux vidéos. La première montre sa compagnie à l’intérieur du bâtiment de la Cour suprême de Gaza, le « Palais de justice ».
Dans la vidéo, Assouline filme l’intérieur du bâtiment, montre ses camarades d’unité et déclare fièrement : « Nous voici dans leur tribunal, le Palais de justice. Personne ne nous arrêtera. Nous sommes partout. Allez, Zion ! ». Le même post comprenait également une vidéo montrant des explosions contrôlées de bâtiments dans la zone. Les éléments de preuve démontrent, selon la fondation, qu’il était physiquement présent sur place, qu’il a publiquement célébré l’entrée de son unité dans le bâtiment et qu’il a servi dans un bataillon ayant mené de multiples démolitions contrôlées à travers Gaza. « Ses propres déclarations – “Personne ne nous arrêtera”, “Nous sommes partout” – reflètent une identification active à la campagne de destruction », indique la plainte de la fondation. Le bâtiment de la Cour suprême de Gaza a été dynamité par Tsahal au début du mois de décembre 2023.
🚨🇳🇱 "We will get to their court, we will get to their homes.." Sergeant Shmuel Assouline, posted this from inside Gaza's Palace of Justice before destroying it.
— The Hind Rajab Foundation (@HindRFoundation) May 17, 2026
He's now walking free in Amsterdam.
The #HindRajabFoundation has filed for his arrest.
More ⬇️… pic.twitter.com/e3QwFuKsHs
Pourquoi Netzah Yehuda est-il au centre de la plainte ?
La fondation affirme également dans la plainte que les actes attribués à Assouline ne constituent pas un incident isolé, mais s’inscrivent dans un schéma plus large de conduite du bataillon 97, « Netzah Yehuda ». Le bataillon a déjà fait l’objet de nombreuses critiques internationales en raison d’accusations de violations des droits humains. Des sanctions contre le bataillon ont été envisagées par les États-Unis, avant d’être abandonnées à la suite de pressions politiques israéliennes. En août 2025, une vidéo publiée en ligne montrait des membres du bataillon dansant et chantant sur le sol de Gaza, tandis que des soldats du bataillon publiaient sur les réseaux une rhétorique violente, notamment des appels à affamer la population et des déclarations telles que « Pas de pardon. Pas de pitié ».
La fondation porte le nom de Hind Rajab, une fillette palestinienne de 6 ans tuée par des tirs dans la ville de Gaza en janvier 2024, dans un incident qui a suscité une large émotion internationale après la mort d’une équipe d’ambulanciers du Croissant-Rouge palestinien envoyée pour la secourir. La fondation définit sa mission comme visant à « briser le cycle de l’impunité israélienne » et agit activement pour déposer des plaintes pénales et des recours judiciaires contre des soldats de Tsahal, des commandants et de hauts responsables israéliens devant des tribunaux locaux en Europe et dans le monde, sur la base du principe de compétence universelle, ainsi qu’auprès de la Cour pénale internationale à La Haye. Israël qualifie la fondation d’organisation engagée dans le harcèlement judiciaire.


