L’ambassade de Colombie à Jérusalem a été inaugurée mercredi lors d’une cérémonie historique, faisant de ce pays sud-américain le dixième État à disposer d’une représentation diplomatique dans la capitale israélienne. Organisée dans les locaux de l’ambassade, rue Rabbi Akiva, la cérémonie a marqué l’aboutissement d’un spectaculaire revirement diplomatique impulsé par le nouveau président Abelardo de la Espriella, après deux années de rupture totale entre les deux pays.
Le ministre israélien des Affaires étrangères, Gideon Sa’ar, a fixé une mezouza à l’entrée de l’ambassade avant de dévoiler, aux côtés de son homologue colombien Omar Bola Escobar, la plaque officielle de la représentation diplomatique sur la façade du bâtiment. Les deux ministres ont ensuite coupé le ruban inaugural et signé le livre d’or. Le maire de Jérusalem, Moshe Lion, ainsi que l’ambassadrice de Colombie, Tania Gilinski, ont également participé à la cérémonie.
Le maire Moshe Lion a salué la décision du gouvernement colombien, déclarant : « C’est un jour de fête pour Jérusalem. Nous accueillons aujourd’hui nos amis colombiens avec beaucoup de respect et de reconnaissance, et nous les invitons à considérer Jérusalem comme leur maison, dans tous les sens du terme. L’ouverture de cette ambassade constitue une décision importante et courageuse, qui envoie un message clair sur le statut de Jérusalem en tant que capitale de l’État d’Israël. »
Sur le réseau social X, Gideon Sa’ar a écrit : « C’est une journée importante et historique pour les relations entre Israël et la Colombie, mais aussi pour Jérusalem, notre capitale. Ce matin, j’ai inauguré l’ambassade de Colombie à Jérusalem avec mon ami, le ministre colombien des Affaires étrangères Bola Escobar. Je remercie mon ami, le président colombien de la Espriella, qui m’avait déclaré à Buenos Aires, bien avant son élection : « Si je suis élu président de la République, je transférerai immédiatement l’ambassade de Colombie à Jérusalem. » Il l’a promis et il a tenu parole. »
Comment Israël et la Colombie ont-ils surmonté deux années de crise diplomatique ?
Omar Bola Escobar, qui avait spécialement fait le déplacement en Israël pour assister à la cérémonie, a affirmé que « la Colombie est un allié inconditionnel d’Israël ». Ses propos illustrent la profonde transformation des relations bilatérales ces derniers mois. En 2024, l’ancien président Gustavo Petro avait provoqué la rupture des relations diplomatiques en raison de la guerre à Gaza, entraînant le rappel des ambassadeurs et le gel des coopérations sécuritaires et économiques. La Colombie avait également rejoint la procédure judiciaire engagée contre Israël à La Haye, aggravant une crise diplomatique qui allait durer près de deux ans.
Après l’élection d’Abelardo de la Espriella et son investiture en août 2026, les relations entre les deux pays ont été pleinement rétablies. Les accords conclus entre Gideon Sa’ar et Omar Bola Escobar prévoyaient notamment un échange d’ambassadeurs, la suppression des visas, la reconnaissance de la souveraineté israélienne sur le plateau du Golan et le retrait de la Colombie de la procédure judiciaire à La Haye.
L’ouverture de l’ambassade à Jérusalem, plutôt qu’à Tel-Aviv, constitue une reconnaissance explicite de la ville comme capitale d’Israël et s’inscrit dans une tendance suivie par plusieurs pays favorables à l’État hébreu. Au-delà du rétablissement de liens historiques, cette décision est présentée comme une victoire du pragmatisme diplomatique sur l’idéologie anti-israélienne. Israël y voit une avancée diplomatique majeure en Amérique latine, tandis que la Colombie retrouve un partenaire stratégique dans les domaines de la sécurité, des technologies et du commerce.


