La mort d’une piétonne âgée d’environ 70 ans, percutée par un camion au début de la semaine dans la rue Ramban à Jérusalem, ne se résume déjà plus à un simple accident de la circulation. À Rehavia, l’un des quartiers les plus anciens et les plus prestigieux de la capitale, ce drame a ravivé une question préoccupante : ces rues étroites sont-elles encore capables de supporter la pression du trafic actuel ?
Le Rehavia de 2026 est très différent du quartier élégant dont se souviennent les habitants de longue date. Au fil des années, de nombreux résidents historiques ont quitté les lieux, certains grands appartements ont été divisés en plusieurs unités, tandis que des étudiants et de jeunes locataires ont investi des immeubles autrefois occupés durablement par des familles. La population a changé, mais les rues, elles, sont restées presque les mêmes.
Piétons et automobilistes doivent aujourd’hui composer avec des chaussées étroites, un stationnement dense, une visibilité réduite, des camions, des véhicules de service, des chantiers et des excavations routières. Comme dans de nombreux secteurs de Jérusalem, les travaux d’infrastructure et les embouteillages compliquent fortement les déplacements. Mais à Rehavia, la combinaison entre un tissu urbain ancien et la circulation de véhicules lourds renforce encore le sentiment de danger.
Au début de la semaine, cette inquiétude a pris une dimension tragique. Les équipes du Magen David Adom et de Tzevet Hatzalah ont été appelées rue Ramban après qu’une piétonne a été percutée par un camion.
Haki Har Kesef, volontaire de Tzevet Hatzalah et premier arrivé sur les lieux, a raconté : « Quand je suis arrivé, j’ai vu une piétonne, une femme d’environ 70 ans, allongée sur la chaussée, inconsciente, sans pouls et sans respiration, avec de multiples traumatismes après avoir été percutée par un camion ».
Har Kesef a ajouté : « Avec d’autres secouristes et ambulanciers du Magen David Adom, nous avons immédiatement commencé des manœuvres de réanimation avancées, notamment des compressions thoraciques et une ventilation, mais malheureusement, en raison de la gravité de ses blessures, les ambulanciers ont dû constater son décès sur place ».
Les rues de Rehavia à Jérusalem peuvent-elles encore absorber le trafic actuel ?
Après l’accident, une enquête a été ouverte, tandis que la police lançait des recherches pour retrouver le camion et son conducteur. La police du district de Jérusalem a indiqué que « les opérations d’enquête ont permis, en peu de temps, de localiser le camion et d’arrêter le conducteur suspect », un homme d’une vingtaine d’années résidant à Jérusalem-Est.
La police du district de Jérusalem a également précisé que « les policiers ont saisi le camion et les enquêteurs spécialisés dans les accidents de la circulation poursuivent l’examen des circonstances de l’incident ». Le permis de conduire du suspect a ensuite été suspendu pour 90 jours.
Mais l’enquête policière ne répond pas à la question urbaine plus large. Des rues conçues pour une autre époque doivent aujourd’hui absorber voitures particulières, camions, véhicules de service, piétons, chantiers de construction et travaux d’infrastructure, souvent dans un espace extrêmement réduit.
Pour les habitants de longue date qui vivent encore à Rehavia, l’accident mortel du début de semaine n’est donc pas seulement une tragédie locale. Il est perçu comme un avertissement sur ce qui pourrait se reproduire si les embouteillages, les excavations, les poids lourds et les rues étroites continuent de faire partie du quotidien dans l’un des quartiers les plus emblématiques de Jérusalem.


