Des centaines de participants ont récemment déroulé leurs tapis dans le complexe de Mamilla, face aux remparts de la Vieille Ville de Jérusalem. L’événement, organisé à l’occasion de la Journée internationale du yoga, s’est achevé il y a quelques jours, mais cette scène impressionnante a soulevé une question plus large : Jérusalem peut-elle devenir une capitale internationale du yoga, plutôt que d’accueillir un seul grand événement chaque année ?
La séance en plein air a été dirigée par la docteure Yael Yitzhak-Idan, accompagnée par Ofra Avni au bansuri, une flûte traditionnelle indienne. Des membres de la communauté diplomatique en Israël ont rejoint les habitants et les visiteurs, tandis que la soirée s’est achevée par un spectacle de danse classique indienne.
L’association du yoga, de la musique en direct, de la culture indienne et du paysage historique de Jérusalem a montré comment un événement local pouvait acquérir une véritable dimension internationale.
Pourquoi Jérusalem est-elle adaptée au tourisme mondial du yoga ?
Jérusalem possède un avantage que peu de villes peuvent égaler : une identité spirituelle reconnue dans le monde entier. Les visiteurs viennent déjà y chercher du sens, du recueillement et un lien avec des traditions anciennes. La ville constitue donc un cadre naturel pour un tourisme associant le corps, l’esprit et la spiritualité.
Des séances de yoga face aux remparts de la Vieille Ville, sur la promenade d’Armon Hanatziv, dans le Jardin botanique de Jérusalem, dans la Vallée des Gazelles ou dans les collines environnantes pourraient devenir des expériences touristiques uniques.
Le climat de Jérusalem permet également d’organiser des activités en plein air pendant une grande partie de l’année. La ville dispose d’hôtels, d’institutions culturelles, de communautés internationales et de nombreux professeurs de yoga. Leur mise en réseau pourrait favoriser la création de festivals, de stages, de retraites et de séjours consacrés au bien-être.
Le maire de Jérusalem, Moshe Lion, a décrit la ville comme un lieu « qui relie les personnes, les cultures et les traditions ». Selon lui, le yoga permet « de s’arrêter un instant, de se reconnecter au corps et à l’esprit et de renforcer le sentiment de communauté et de partenariat ».
Qu’est-ce qui pourrait empêcher Jérusalem de devenir une capitale du yoga ?
Le potentiel naturel et historique ne suffit pas. Les tensions sécuritaires et les périodes de guerre nuisent régulièrement au tourisme international et compliquent la planification d’événements sur le long terme. Le coût élevé de l’hébergement, les difficultés de transport et le manque de grands espaces spécialement adaptés aux activités de bien-être peuvent également décourager les organisateurs et les visiteurs.
Un événement annuel réussi ne crée pas automatiquement une industrie touristique. Jérusalem aurait besoin d’un calendrier permanent, de partenariats entre les hôtels, les centres de yoga, les agences de voyage et les ambassades, ainsi que d’une promotion internationale constante.
Les sensibilités religieuses et politiques de la ville pourraient constituer un défi supplémentaire. Les grandes manifestations en plein air nécessitent une coordination attentive afin de rester accessibles à différents publics tout en respectant le caractère des lieux.
Le yoga peut-il également renforcer la résilience de Jérusalem ?
L’ambassadeur de l’Inde en Israël, J. P. Singh, a souligné que le yoga contribue à un vieillissement en bonne santé et aide à mieux faire face au stress. Il a cité une étude menée au centre médical Hillel Yaffe, dont les chercheurs ont décrit le yoga comme un « Dôme de fer psychologique » pour les médecins et les infirmiers qui le pratiquent régulièrement.
Dans une ville souvent confrontée aux tensions, le yoga pourrait devenir bien plus qu’un produit touristique. Il pourrait servir d’outil communautaire, offrir des moments de calme et rapprocher des habitants issus de milieux différents.
Jérusalem possède déjà les paysages, l’histoire et la portée spirituelle. La véritable question est de savoir si elle saura transformer ces atouts en une vision internationale durable.


