« Jérusalem est arabe, mes frères » : la détention d’un militant de Jérusalem-Est prolongée

La détention administrative de Samer Abu Aisha, militant palestinien connu de Jérusalem-Est, a été prolongée de quatre mois supplémentaires – pour la cinquième fois consécutive
Samer Abu Aisha, militant palestinien de Jérusalem-Est dont la détention administrative a été prolongée
Samer Abu Aisha, dont la détention administrative a été prolongée de quatre mois supplémentaires pour la cinquième fois consécutive

La détention administrative du militant palestinien de Jérusalem Samer Abu Aisha, accusé d’incitation contre la présence israélienne à Jérusalem-Est, a été prolongée de quatre mois supplémentaires, et ce pour la cinquième fois consécutive. Abu Aisha est devenu connu auprès du public palestinien grâce à une phrase prononcée lors de l’une de ses précédentes arrestations : « Jérusalem est arabe, mes frères ».

Pourquoi Samer Abu Aisha a-t-il été arrêté à plusieurs reprises en Israël ?

Abu Aisha, âgé de 39 ans, avocat et journaliste, a été arrêté pour la première fois en 2015. Il s’était alors rendu sans autorisation au Liban, considéré par Israël comme un État ennemi, afin de participer à un camp de jeunesse arabe. Depuis, il est entré et sorti de prison à plusieurs reprises pour des infractions liées à la sécurité. Les principales accusations portées contre lui comprennent l’incitation à la violence par des publications sur les réseaux sociaux, notamment le soutien à des activités contre Israël ; des liens avec le Front populaire de libération de la Palestine ; la solidarité avec des détenus sécuritaires ; la violation d’ordres d’éloignement et d’assignation à résidence ; ainsi que la participation et l’organisation de manifestations portant atteinte à l’ordre public.

En décembre 2015, Abu Aisha et un autre militant, Hijazi Abu Sbeih, ont reçu l’ordre de quitter Jérusalem pendant cinq mois pour des motifs de « sécurité de l’État et d’ordre public ». Les deux hommes ont refusé de quitter la ville, se sont retranchés dans les bureaux du Comité international de la Croix-Rouge à Jérusalem, ont installé une tente de protestation dans la cour et y ont organisé des actions contre leur éloignement de Jérusalem et en faveur de l’identité palestinienne de la ville. Le 6 janvier 2016, des policiers les ont évacués de force du complexe de la Croix-Rouge.

En octobre 2016, le tribunal de première instance de Jérusalem a condamné Abu Aisha à 20 mois de prison après l’avoir reconnu coupable de violation d’ordres d’éloignement, d’incitation et de liens avec des organisations interdites. Pendant son incarcération, il a observé une grève de la faim en solidarité avec un autre détenu, qui a fait l’objet d’un ordre de détention administrative à la fin de sa peine.

En 2021, Abu Aisha a participé aux manifestations palestiniennes et aux émeutes dans le quartier de Cheikh Jarrah, également appelé Shimon HaTzadik, contre l’installation de Juifs dans le quartier. Il a alors de nouveau été arrêté. Pendant son arrestation, il a lancé : « Jérusalem est arabe, mes frères ». La scène a été filmée et la vidéo, largement diffusée sur les réseaux sociaux, lui a apporté une importante notoriété.

En 2024, Abu Aisha a de nouveau été arrêté. Depuis, il est maintenu en détention administrative, désormais prolongée pour la cinquième fois consécutive.