Quatre mois sans réponse : pourquoi le corps d’un habitant de Jérusalem-Est a-t-il été retenu ?

La Cour suprême a ordonné la restitution à sa famille du corps de Soufian Abou Lil, habitant de Jérusalem-Est, après que l’État n’a pas établi son implication présumée dans des activités terroristes
Soufian Abou Lil, habitant de Kafr Aqab à Jérusalem-Est, dont le corps a été rendu à sa famille sur ordre de la Cour suprême
Soufian Abou Lil, habitant de Kafr Aqab à Jérusalem-Est, dont le corps a été rendu à sa famille sur ordre de la Cour suprême

Pendant quatre mois après une fusillade dans le camp de réfugiés de Qalandiya, le système de sécurité n’est pas parvenu à déterminer si Soufian Abou Lil, habitant de Kafr Aqab, à la périphérie de Jérusalem, qui a été tué et dont le corps a été saisi, avait été impliqué, selon les soupçons, dans des activités terroristes. En l’absence d’une position officielle étayée, la Cour suprême a ordonné que son corps soit rendu à sa famille afin qu’il puisse être enterré. Ses funérailles ont eu lieu dimanche à Jérusalem-Est.

Abou Lil avait-il été impliqué, selon les soupçons, dans des activités terroristes, ou s’agissait-il d’un passant innocent abattu par erreur ? Cette question s’est trouvée au cœur d’un drame judiciaire et sécuritaire qui a duré près de quatre mois et qui s’est achevé avec la décision de la Cour suprême et la remise du corps pour son inhumation.

Pourquoi le corps de Soufian Abou Lil a-t-il été retenu pendant quatre mois ?

L’incident s’est produit le 27 mars 2026, au cours d’une opération menée par les forces de sécurité dans le camp de réfugiés de Qalandiya. Pendant l’opération, des troubles ont éclaté dans le camp et des pierres ont été lancées en direction des forces. Celles-ci ont ouvert le feu, blessant Abou Lil, âgé de 46 ans et habitant de Kafr Aqab, à Jérusalem-Est. Il a ensuite succombé à ses blessures.

Alors que sa famille a affirmé dès le départ qu’il s’agissait d’un homme innocent, abattu alors qu’il sortait d’un restaurant, le système de sécurité a saisi le corps et l’a retenu afin d’examiner les circonstances de la fusillade et de déterminer s’il existait des motifs pour le conserver comme monnaie d’échange, conformément à la politique de rétention des corps de terroristes ?

En raison du retard dans la restitution du corps, la famille a déposé une requête auprès de la Cour suprême. Au fil de la procédure, une situation complexe s’est dessinée : les représentants de l’État ont reconnu qu’une enquête de la police militaire avait été ouverte sur les circonstances de la fusillade, mais pendant de longs mois, les autorités de sécurité n’ont pas été en mesure de répondre sans ambiguïté à la question centrale : le défunt était-il considéré, selon les soupçons, comme un terroriste ?

Dans l’arrêt rendu par les juges Daphne Barak-Erez, Alex Stein et Gila Canfy-Steinitz, l’État a été critiqué. Les juges ont relevé que l’État avait demandé à plusieurs reprises des délais supplémentaires sans présenter de position concrète ni de calendrier défini. La Cour suprême a estimé que les autorités de sécurité ne disposaient d’aucune position établissant que le défunt était, selon les soupçons, un terroriste et que, par conséquent, en l’absence de toute autre conclusion, la présomption factuelle selon laquelle il ne l’était pas demeurait valable.

Où les funérailles de Soufian Abou Lil ont-elles eu lieu à Jérusalem-Est ?

À la suite de l’ordonnance, le corps a été remis dimanche. Le cortège funèbre s’est déroulé à Jérusalem, au cimetière de Bab al-Sahira, également connu sous le nom de cimetière Al-Mujahideen, près de la porte d’Hérode et des murailles de la Vieille Ville. Ce cimetière historique et central de Jérusalem-Est constitue l’un des principaux lieux d’inhumation de la communauté musulmane de la ville et a déjà connu d’importantes tensions sécuritaires autour de funérailles sensibles. Les funérailles d’Abou Lil s’y sont déroulées sous des procédures strictes et des restrictions imposées par les forces de sécurité afin d’éviter des troubles.