Des célébrations religieuses traditionnelles dans le quartier chrétien de la Vieille Ville de Jérusalem se sont récemment transformées en une manifestation choquante de soutien au terrorisme, lorsque des habitants du quartier ont cyniquement profité de l’événement annuel de la « procession du retour de la Vierge Marie » pour organiser une célébration de masse en l’honneur de la libération de prison de John William Kakish – un chrétien palestinien ayant achevé de purger une peine de 11 ans d’emprisonnement pour une grave attaque au couteau.
Comment la procession de la Vierge Marie dans le quartier chrétien de Jérusalem s’est-elle transformée en célébration en l’honneur d’un détenu sécuritaire libéré ?
La « procession du retour de la Vierge Marie » est un ancien et saint rite religieux chrétien orthodoxe, qui marque le point culminant des célébrations de l’Assomption de la Vierge Marie à Jérusalem. Dans le cadre de cet événement, les fidèles ramènent « l’icône funéraire » de Marie depuis son tombeau à Gethsémani jusqu’à son emplacement permanent, à proximité de l’église du Saint-Sépulcre dans le quartier chrétien. Il s’agit d’un événement censé refléter la sainteté, la prière et la modestie, auquel affluent de nombreux fidèles portant des bougies et des fleurs dans les rues de la Vieille Ville.
Mais cette année, lorsque la procession est arrivée dans le quartier chrétien, l’événement religieux a été détourné au profit d’objectifs nationalistes. Les amis de Kakish ont porté le détenu sécuritaire libéré sur leurs épaules et transformé la cérémonie religieuse en une procession festive et bruyante, mêlant des chants célébrant sa liberté aux hymnes religieux.
Qui est John William Kakish et comment a-t-il commis l’attaque au couteau à Jérusalem ?
Cette célébration publique et bruyante est particulièrement choquante au regard du passé de Kakish : dans la nuit du 23 au 24 mai 2015, à la veille de Chavouot, Kakish a tendu une embuscade à un groupe de Juifs ultra-orthodoxes qui se rendaient au Mur occidental à Jérusalem pour l’étude nocturne traditionnelle de Chavouot. Près de la porte de Damas, il s’est précipité sur le groupe, a sorti un couteau et a violemment poignardé deux étudiants de yeshiva âgés d’environ 16 et 17 ans, qui ont été modérément blessés.
Kakish a pris la fuite, changé de vêtements et modifié son apparence, mais il a été arrêté grâce aux caméras de surveillance de la police de Jérusalem. Lors de son interrogatoire, il a reconnu avoir commis l’attaque pour un motif raciste de « vengeance contre les Juifs ». Kakish a été reconnu coupable, dans le cadre d’un accord de plaider-coupable, de deux chefs de blessures graves infligées à l’aide d’un couteau. Le tribunal de district l’a d’abord condamné à neuf ans de prison, mais à la suite d’un appel du parquet, la Cour suprême a porté sa peine à 11 ans d’emprisonnement ferme. Il a été libéré en mai dernier, précisément à la veille de Chavouot – une coïncidence glaçante avec la date à laquelle il avait commis l’attaque.
Transformer une procession religieuse sacrée en hommage public à un homme qui a poignardé des adolescents en route vers la prière montre une nouvelle fois comment des éléments extrémistes de Jérusalem-Est n’hésitent pas à exploiter des symboles religieux sacrés afin de glorifier la violence et le terrorisme. Quelques jours seulement après cette manifestation de soutien dans le quartier chrétien, Kakish a de nouveau été arrêté par les forces de sécurité.


