L’activiste islamiste radicale (mourabita), Samah Mahamid, citoyenne israélienne, habitante d’Umm al-Fahm, âgée d’environ 36 ans, a été éloignée de Jérusalem et de l’esplanade du mont du Temple après avoir été arrêtée la semaine dernière, soupçonnée d’infractions d’incitation et de sédition sur les réseaux sociaux commises à un moment particulièrement sensible, plus tôt au cours de l’année écoulée, en pleine tension sécuritaire et durant les combats intensifs face à l’Iran.
L’affaire a commencé lorsque des forces de police ont fait irruption au domicile de Mahamid à Umm al-Fahm, à l’aube du 27.8.2026. La perquisition, au cours de laquelle son téléphone portable ainsi que différents livres ont été saisis, a été menée à la suite d’une surveillance ciblée des publications qu’elle avait mises en ligne sur les réseaux sociaux.
Mahamid avait publié sur son compte Instagram deux contenus au format « story », dans lesquels elle attaquait avec virulence la politique sécuritaire israélienne sur le mont du Temple pendant les jours de combats avec l’Iran.
Dans ses publications, elle exprimait une profonde tristesse face au fait que les esplanades de la mosquée Al-Aqsa étaient restées vides de fidèles durant ces jours et ces semaines, tout en accusant les autorités d’avoir profité de la période de guerre avec l’Iran pour imposer des restrictions, fermer les portes et vider délibérément le complexe de ses fidèles musulmans, en niant qu’il s’agissait de directives sécuritaires générales interdisant les rassemblements de masse en raison des tirs de missiles en provenance d’Iran.
Les services de sécurité israéliens ont interprété ces publications comme une tentative manifeste de provoquer une agitation religieuse et une forte tension politique au sein de la population arabe, précisément au moment où Israël faisait face à plusieurs fronts militaires complexes.
Mahamid a été transférée pour interrogatoire au commissariat de police du « Kishle », qui sert de quartier général à la zone David du district de Jérusalem et qui est responsable du secteur de la Vieille Ville. Sa détention a ensuite été prolongée de sept jours. À l’issue de cette période, Mahamid a été présentée devant le tribunal de première instance de Jérusalem, qui a décidé de la remettre en liberté sous de strictes restrictions destinées à l’empêcher de poursuivre ses activités extrémistes : elle a été interdite d’accès à l’ensemble de la ville de Jérusalem pendant 90 jours, placée en assignation à résidence complète pendant cinq jours et totalement interdite d’utilisation des réseaux sociaux et d’Internet.
Qu’était l’organisation des Mourabitat qui opérait sur le mont du Temple à Jérusalem ?
Mahamid est bien connue des services de sécurité israéliens comme une membre importante de l’organisation des « Mourabitat ». Il s’agissait de groupes de femmes islamistes qui ont opéré pendant des années sur l’esplanade du mont du Temple à Jérusalem, dans le but d’y établir une présence musulmane permanente, de se confronter aux forces de police et de perturber, par des cris et des actes de violence, les visites de Juifs et de touristes sur le site.
Les militants de l’organisation ont fonctionné comme l’un des principaux bras d’agitation de la branche nord du Mouvement islamique, raison pour laquelle ils ont été déclarés en 2015 association illégale et organisation terroriste hors la loi. En raison de cette activité, Mahamid a fait l’objet au fil des années d’une longue série d’ordres administratifs, d’arrestations sur place et d’interdictions répétées d’accès à la Vieille Ville de Jérusalem.


