Même les enseignants seront en retard : la rentrée scolaire à Jérusalem au milieu des chantiers

Les écoles de Jérusalem ouvrent mardi, mais dans de larges secteurs de la ville, le trajet s’est transformé en parcours d’obstacles entre excavations, fermetures de routes et embouteillages
Travaux d’excavation et d’infrastructure dans le centre de Jérusalem à la veille de la rentrée scolaire
Travaux d’excavation et d’infrastructure dans le centre de Jérusalem à la veille de la rentrée scolaire, sur fond de craintes concernant les embouteillages et les retards des parents, des salariés et des enseignants. (Photo: Jerusalem Online News)

À la veille de la rentrée scolaire, Jérusalem devrait parler des enfants, des cartables, des enseignants et de l’excitation d’un nouveau départ. Mais pour des milliers de familles dans la ville, une question bien plus urgente domine : comment arriver à l’école à l’heure ? Depuis de longs mois, Jérusalem vit sous la pression de vastes travaux d’infrastructure, de fouilles, de modifications de circulation, de voies rétrécies et de rues où un court trajet peut se transformer en parcours épuisant. Dans certains secteurs, il devient difficile de se souvenir à quoi ressemblait la rue avant les barrières, les clôtures, les engins lourds et la poussière. Et lors d’un matin où des dizaines de milliers d’élèves, de parents et de membres du personnel éducatif sortent presque au même moment, le moindre obstacle peut rapidement provoquer un embouteillage majeur.

À quelle heure les parents à Jérusalem devront-ils partir pour arriver à l’école à temps ?

L’heure de début des cours n’a pas changé, mais les routes qui y mènent, elles, ont profondément changé. Un parent qui doit déposer un enfant à l’école, un autre à la maternelle, puis rejoindre son travail, est désormais obligé d’organiser toute sa matinée autour d’une incertitude presque totale. Un trajet censé durer quinze minutes peut s’allonger en raison d’une fermeture temporaire, de travaux routiers, d’un rétrécissement de voie ou d’un bouchon à un carrefour important. La conséquence est évidente : ceux qui veulent être certains que leurs enfants arrivent avant huit heures peuvent être contraints de quitter leur domicile beaucoup plus tôt qu’auparavant.

Pour les familles dont les enfants fréquentent plusieurs établissements, la situation devient encore plus compliquée. De nombreux parents à Jérusalem traversent plusieurs quartiers chaque matin ou dépendent d’axes où les travaux d’infrastructure se prolongent depuis longtemps. Une seule rue fermée, un véhicule de chantier ralentissant la circulation ou un carrefour saturé suffit à faire s’effondrer tout le planning du matin. Certaines familles pourraient ainsi se retrouver dans une situation presque absurde : déposer les enfants devant leur école bien trop tôt uniquement pour éviter le risque qu’eux-mêmes arrivent en retard à l’école et que leurs parents arrivent ensuite en retard au travail.

Les embouteillages à Jérusalem vont-ils également perturber les lieux de travail ?

Les difficultés ne s’arrêtent pas devant les portes des écoles. Après avoir déposé les enfants, les parents poursuivent leur route vers les bureaux, les commerces, les hôpitaux, les entreprises et les lieux de travail répartis dans Jérusalem. Lorsque des milliers de familles circulent dans la même courte tranche horaire, les retards sur le chemin de l’école deviennent presque automatiquement des retards au travail. Un salarié qui a perdu une demi-heure dans les embouteillages ne récupère pas ce temps simplement parce qu’il a enfin quitté les abords de l’établissement scolaire.

Pour les employeurs, la préoccupation ne concerne pas uniquement le premier jour de classe. Si les travaux d’infrastructure continuent à peser lourdement sur la circulation durant les prochaines semaines, les retards du matin pourraient devenir une partie permanente de la routine. Les salariés tenteront de partir plus tôt, de changer d’itinéraire, de prendre les transports en commun ou de trouver une alternative au dépôt direct des enfants à l’école. Mais chacune de ces solutions revient au même : ce sont encore les habitants qui doivent adapter leur vie à une ville où la durée d’un simple déplacement devient de plus en plus difficile à prévoir.

Que se passera-t-il si les enseignants de Jérusalem restent eux-mêmes bloqués dans les embouteillages ?

C’est ici que la situation devient presque absurde. Le système éducatif exige des élèves qu’ils arrivent à l’heure, mais les enseignants et les enseignantes empruntent exactement les mêmes routes, subissent exactement les mêmes bouchons et passent devant exactement les mêmes chantiers. Un enseignant qui doit ouvrir sa classe à huit heures ne peut pas savoir à l’avance si un trajet de vingt minutes restera un trajet de vingt minutes ou se transformera soudainement en quarante-cinq minutes. Et beaucoup d’enseignants sont eux-mêmes parents : ils doivent d’abord accompagner leurs propres enfants avant de commencer leur course vers leur établissement.

Le retard d’un employé de bureau crée un problème. Le retard d’un enseignant ou d’une enseignante de maternelle peut immédiatement devenir un problème pour tout un établissement, car une classe remplie d’enfants ne peut tout simplement pas rester sans personnel. Si plusieurs membres de l’équipe éducative restent bloqués en même temps, la direction devra improviser dès la première heure de la journée. La rentrée scolaire à Jérusalem pourrait ainsi commencer avec une logique presque ironique : tout le monde est sommé d’arriver à l’heure, mais la ville elle-même n’est toujours pas capable de leur offrir un trajet normal et prévisible.