Sur fond d’évaluation sécuritaire et de renseignement faisant état d’un risque de forte tension sur le terrain à l’approche des fêtes de Tichri, les forces de sécurité mènent actuellement à Jérusalem une vaste opération de prévention et de neutralisation. Au cœur de cette activité figurent de nombreux ordres administratifs d’éloignement du complexe du mont du Temple et de la Vieille Ville visant des personnes associées à des activités d’incitation, d’agitation et de troubles à l’ordre public. Les responsables de la sécurité soulignent qu’il s’agit d’une mesure préventive essentielle destinée à préserver le calme, empêcher les frictions et les violences, et garantir la liberté de culte ainsi que la sécurité des dizaines de milliers de fidèles et de visiteurs attendus dans la Vieille Ville de Jérusalem et sur les lieux saints pendant Roch Hachana, Yom Kippour et Souccot.
Quels militants ont été éloignés du mont du Temple à Jérusalem avant les fêtes de Tichri ?
L’opération d’éloignement est menée principalement par la convocation de militants centraux, d’anciens détenus, de prédicateurs, de responsables religieux et de figures influentes de Jérusalem-Est pour des interrogatoires, des entretiens et des avertissements au commissariat de la « Kishle » dans la Vieille Ville, où se trouve le quartier général de l’espace David du district de Jérusalem, chargé du mont du Temple. Des ordres d’éloignement initiaux sont remis aux militants sur place, puis sont parfois prolongés par décision du commandant de la police du district de Jérusalem pour plusieurs mois supplémentaires. Il arrive également que la décision du commandant du district soit transmise aux militants par l’intermédiaire de leur compte sur les réseaux sociaux.
Parmi les principales figures déjà visées par des ordres d’éloignement dans le cadre de cette activité régulière figure le cheikh Dr Iyad al-Abbasi, juge religieux, ou cadi, au tribunal de la charia, employé du Waqf et prédicateur connu de la mosquée Al-Aqsa. Les services de sécurité suivent depuis longtemps ses sermons religieux, qui ont été examinés par les autorités chargées de l’application de la loi en raison de messages considérés comme incendiaires, de soutien à la lutte palestinienne et d’appels encourageant la résistance. Al-Abbasi a déjà été éloigné à plusieurs reprises, notamment en raison de sermons liés à la guerre à Gaza.
Un autre militant particulièrement connu parmi les personnes éloignées est Jihad Qawas, activiste de terrain et personnalité publique connue dans le secteur de la Vieille Ville et de Cheikh Jarrah. Qawas est considéré par la police et le Shin Bet comme impliqué dans l’organisation de protestations et de manifestations spontanées dans le bassin de la Vieille Ville, et comme une personne capable de mobiliser de jeunes Jérusalémites pour des troubles à l’ordre public et des affrontements violents sur l’esplanade lors des visites.
Yusuf al-Rishq figure également parmi les personnes éloignées. Ce militant de terrain bien connu à Jérusalem est présenté comme un exemple de la politique dite des « éloignements successifs » appliquée par les services de sécurité. Al-Rishq fait l’objet d’ordres administratifs d’éloignement consécutifs du complexe d’Al-Aqsa depuis plus de trois années sans interruption. Chaque fois que l’un de ces ordres expire, il est de nouveau convoqué pour être interrogé par l’espace David et reçoit un nouvel ordre d’éloignement, dans le cadre d’une mesure préventive destinée à l’empêcher d’organiser des troubles dans le complexe.
Parmi les Arabes israéliens, on peut également citer Mehran Mahamid, militant originaire du nord du pays, qui gère un vaste dispositif de transport et organise et finance l’arrivée massive d’Arabes israéliens depuis les localités de Galilée, du Triangle et du Néguev directement vers le complexe du mont du Temple. Les services de sécurité considèrent le dispositif de transport de Mahamid comme une plateforme utilisée pour faire venir des milliers de fidèles et de militants des Mourabitoun dans la Vieille Ville à des périodes sensibles, avec pour objectif de créer une « masse critique » sur l’esplanade et de compliquer la tâche des forces de police chargées de maintenir l’ordre.
Parallèlement aux mesures préventives et à l’éloignement des personnes considérées comme des facteurs d’agitation, des forces renforcées de la police israélienne et de la police des frontières seront déployées dans les ruelles de la Vieille Ville et aux portes du mont du Temple, afin de permettre à l’ensemble des habitants et des visiteurs de passer une période de fêtes sûre et calme.


