Rami al-Khatib, photographe de presse indépendant travaillant comme documentariste pour le Waqf islamique sur le mont du Temple à Jérusalem, a été interdit d’accès au site pendant six mois cette semaine par le commandant de la police du district de Jérusalem, Avshalom Peled. Selon la police, ses activités relèveraient de l’incitation et pourraient provoquer des troubles ainsi qu’un risque pour la sécurité publique.
Qui est Rami al-Khatib et quel est son rôle sur le mont du Temple?
Rami al-Khatib est une figure connue du paysage palestinien de Jérusalem. Il travaille comme journaliste et photographe indépendant, mais l’essentiel de son activité est réalisé pour le département des médias et de la communication du Waqf islamique de la mosquée Al-Aqsa. Son travail consiste principalement à documenter les événements quotidiens sur l’esplanade, notamment les affrontements, les visites de Juifs sur le mont du Temple et les opérations des forces de sécurité israéliennes. Il est considéré comme une voix médiatique officielle du Waqf.
Al-Khatib est très actif sur les réseaux sociaux, principalement sur Facebook et Instagram, où il publie des vidéos et des messages accompagnés de commentaires politiques et religieux engagés. Les autorités israéliennes considèrent certains de ces contenus comme de l’incitation, notamment lorsqu’ils glorifient des « martyrs » ou appellent à une résistance active contre la présence juive sur le mont du Temple.
Parmi ses publications figurent des messages qualifiant les jeunes Palestiniens affrontant la police de « héros défenseurs d’Al-Aqsa » et décrivant leurs actions comme un devoir religieux suprême contre les « invasions sionistes ». Les visites juives sur le site sont quant à elles qualifiées de « raids de colons » ou de « rituels talmudiques ».
Selon les services de sécurité israéliens, al-Khatib utilise sa caméra et sa présence sur place pour encourager les « Mourabitoun » – des fidèles palestiniens restant sur le site afin de perturber les visites juives sur le mont du Temple. Les autorités affirment également que son activité médiatique soutient des récits associés à des organisations considérées par Israël comme extrémistes et alimente les tensions religieuses autour du slogan palestinien « Al-Aqsa est en danger ».
Al-Khatib utilise régulièrement une terminologie religieuse pour décrire la lutte autour du mont du Temple. Dans une publication précédemment citée dans des procédures judiciaires, il écrivait : « Al-Aqsa n’est pas seulement un lieu de prière, c’est le champ de bataille pour l’honneur de la oumma. Tout recul est une trahison ». Les forces de police israéliennes opérant sur le site sont régulièrement qualifiées par lui d’« armée d’occupation ».
De leur côté, al-Khatib et le Waqf dénoncent une persécution politique et une atteinte à la liberté de la presse. Selon eux, cette mesure vise à « vider le terrain des yeux qui documentent », afin de permettre à la police d’agir sans surveillance médiatique. Même après de précédentes interdictions, il a continué à diffuser en direct depuis les abords du mont du Temple, notamment près de la porte des Lions, ce qui en fait l’une des figures les plus influentes de l’opinion publique à Jérusalem-Est concernant la question du mont du Temple.


