Racket de protection ? Qui est derrière les attaques contre des banques palestiniennes autour de Jérusalem

L’incendie d’une agence bancaire le week-end à Beit Hanina, au nord de Jérusalem, s’ajoute à une série d’attaques contre des institutions financières palestiniennes
Dégâts d’incendie dans une agence de la Banque islamique arabe à Beit Hanina, au nord de Jérusalem
Dégâts d’incendie dans une agence de la Banque islamique arabe à Beit Hanina, au nord de Jérusalem

Dans la nuit du 1er au 2 mai 2026, une agence de la Banque islamique arabe dans le quartier de Beit Hanina, au nord de Jérusalem, a été incendiée. Les principaux dégâts ont touché la façade, le distributeur automatique extérieur et le hall d’entrée. À l’intérieur, d’importants dommages dus à la fumée et à la suie ont été constatés.

L’incendie a été maîtrisé par des habitants et des jeunes du quartier, qui ont utilisé des extincteurs portatifs et des moyens improvisés avant que les flammes ne se propagent à l’intérieur du bâtiment. Leur intervention rapide a permis d’éviter une destruction totale.

Qu’est-ce qui se cache derrière la vague d’attaques contre des banques palestiniennes autour de Jérusalem ?

Aujourd’hui, dimanche, une veillée de solidarité devrait être organisée par les habitants du quartier, principaux concernés, devant l’agence, afin d’exiger des mesures fermes pour mettre fin aux actes de vandalisme.

Il s’agit du dernier incident, à ce stade, dans une série d’événements violents au cours des deux derniers mois visant des institutions financières palestiniennes dans la région nord de Jérusalem, notamment Bank of Palestine et la Banque islamique arabe. Par exemple, à une date non précisée en février ou mars 2026, un distributeur automatique a été volé dans une agence bancaire de la localité de Bir Nabala, située au nord de Jérusalem près de Givat Ze’ev. L’appareil a été arraché du mur à l’aide de véhicules lourds, causant d’importants dégâts structurels au bâtiment. Selon des estimations non officielles, le distributeur contenait entre 150 000 et 300 000 shekels.

Dans d’autres cas, début avril, des dommages importants ont été causés à une agence de la Banque islamique arabe dans la localité d’Al-Ram, à la limite nord de Jérusalem, notamment des vitres brisées et des pneus incendiés à l’entrée. Des tirs ont également été signalés en direction de la façade d’une agence de Bank of Palestine. Dans ces cas, aucun distributeur n’a été volé, mais les dégâts ont entraîné la fermeture temporaire des agences pour des travaux de réparation.

S’agit-il d’une anarchie sécuritaire ou d’une crise économique plus profonde ?

Les médias palestiniens présentent ces événements comme faisant partie d’une vague d’anarchie sécuritaire touchant les zones de l’Autorité palestinienne, en soulignant les dommages causés à l’économie nationale palestinienne. Ils appellent les forces de sécurité à renforcer leur présence dans les localités situées au-delà de la barrière de séparation. Une grande partie des incidents est attribuée à des groupes criminels locaux cherchant à imposer des paiements de protection aux grandes institutions financières.

Cependant, sur les réseaux sociaux palestiniens, d’autres voix relient ces événements à la crise financière qui frappe l’Autorité palestinienne, notamment le manque de liquidités et les difficultés de change, connues sous le nom de « surplus de shekels », ce qui alimente la colère du public envers les banques, parfois perçues comme incapables d’aider leurs clients en période de crise.

Parallèlement à une condamnation ferme des actes de vandalisme, des critiques sont également adressées aux banques elles-mêmes concernant les frais et les taux d’intérêt, ce qui crée parfois un discours justifiant indirectement les sentiments ayant conduit à la violence. Le traitement de ces crimes financiers se retrouve pris entre deux juridictions : dans les localités d’Al-Ram et de Bir Nabala, sous contrôle de l’Autorité palestinienne, la responsabilité incombe aux forces de sécurité palestiniennes, tandis que dans le cas de Beit Hanina, c’est la police israélienne qui est censée intervenir. Les groupes criminels locaux sont conscients de cette dualité et en profitent, opérant avec une relative assurance en l’absence d’un mécanisme coordonné d’application de la loi.