Il y a quelque chose d’insupportable dans la facilité avec laquelle une histoire comme celle-ci peut presque passer sous le radar. Un travailleur étranger arrive en Israël, s’occupe d’un couple de personnes âgées, exerce l’un des métiers les plus difficiles et les plus sensibles qui soient, puis finit par être retrouvé sans vie dans un appartement du quartier de Katamon à Jérusalem. Pas une personnalité publique, pas un nom connu, pas quelqu’un dont la mort occupe les gros titres pendant plusieurs jours. Un homme venu ici pour travailler, prendre soin des autres et vivre, et dont la mort risque très vite de devenir un simple dossier de meurtre de plus.
Récemment, des policiers du district de Jérusalem ont été appelés dans un appartement de Katamon après le signalement d’un homme retrouvé sans vie, portant des traces de violence. Les premières constatations des policiers et des enquêteurs de la police scientifique du district ont rapidement fait apparaître le caractère criminel de l’affaire, et le commandant du district de Jérusalem, le général Avshalom Peled, a confié l’enquête à l’unité centrale du district.
Que sait-on du meurtre du travailleur étranger dans le quartier de Katamon à Jérusalem ?
Selon la police, la victime était un travailleur étranger qui s’occupait d’un couple de personnes âgées. Le suspect, un habitant d’Eilat âgé de 31 ans, a été arrêté peu après le début de l’enquête. Ces derniers jours, les enquêteurs de l’unité centrale de Jérusalem ont achevé plusieurs actes d’enquête qui, selon la police, ont permis de constituer une base probante contre lui. Le parquet du district de Jérusalem a déposé une déclaration de procureur avant le dépôt attendu d’un acte d’accusation.
Il convient de souligner qu’à ce stade, il s’agit toujours d’un suspect et qu’aucun acte d’accusation n’a encore été déposé dans cette affaire. Le mobile n’a pas non plus été précisé dans les éléments publiés par la police.
Comment un homme sorti de prison pour violences a-t-il pu se retrouver soupçonné de meurtre six jours plus tard ?
C’est le détail qui transforme cette affaire de meurtre particulièrement grave en une question publique beaucoup plus dérangeante. Selon la police, le suspect avait été libéré seulement six jours avant les faits, après avoir purgé une longue peine de prison pour une autre affaire de violence.
Les éléments publiés n’expliquent pas comment il est passé de sa sortie de prison à la scène de crime de Katamon, et aucune conclusion définitive ne peut être tirée avant la fin de la procédure judiciaire. Mais la chronologie est difficile à ignorer : un homme termine une longue peine pour violences et, moins d’une semaine plus tard, il est arrêté pour suspicion de meurtre. Une réalité qu’il est difficile de traiter comme une simple ligne supplémentaire dans la chronique criminelle.
Le chef de l’équipe d’enquête de l’unité centrale de Jérusalem, le sergent-major Yitzhak Dahan, a indiqué : « Il s’agit d’un acte de violence grave et particulièrement dur contre un travailleur étranger qui s’occupait d’un couple de personnes âgées. Dès que nous avons pris en charge la conduite de l’enquête, nous avons agi rapidement et utilisé tous les moyens à notre disposition afin de recueillir des preuves, établir la vérité et arrêter le suspect. »
Dahan a ajouté : « Grâce au travail intensif et professionnel des enquêteurs de l’unité, nous avons constitué une base probante solide qui a conduit aujourd’hui au dépôt d’une déclaration de procureur. »
Une question plus large demeure malgré l’avancée de l’enquête policière : la mort d’un travailleur étranger à Jérusalem reçoit-elle le même poids que celle d’une personne plus connue, plus locale ou simplement dotée d’une voix publique plus forte ? Derrière les mots « travailleur étranger », il y avait un homme qui vivait ici et prenait soin des autres. Sa vie ne devrait pas valoir moins.


