Jérusalem s’habille de blanc : le Sigd fait son retour

La communauté juive éthiopienne célèbre le Sigd à Jérusalem avec des festivités dans les quartiers, des spectacles culturels et un événement central au Musée de la Tolérance en novembre
Des milliers de membres de la communauté juive éthiopienne vêtus de blanc et entourés de drapeaux israéliens lors des célébrations du Sigd à Jérusalem
Célébrations du Sigd à Jérusalem : des milliers de participants vêtus de blanc se rassemblent sous les drapeaux israéliens pour la fête traditionnelle des Juifs éthiopiens (Photo: Arnon Bossani)

Jérusalem se prépare à célébrer le Sigd, l’une des fêtes religieuses les plus importantes de la communauté juive d’origine éthiopienne. Tout au long du mois de novembre 2026, la ville accueillera des rassemblements communautaires, des activités pour les jeunes, des spectacles musicaux et une cérémonie centrale au Musée de la Tolérance. Pendant des générations, cette fête a symbolisé le profond attachement des Juifs éthiopiens à Jérusalem et leur aspiration à rejoindre la ville. Aujourd’hui, sa célébration dans la cité elle-même revêt une signification historique et spirituelle particulière.

Qu’est-ce que la fête du Sigd et pourquoi est-elle célébrée à Jérusalem ?

Le Sigd est célébré le 29 du mois hébraïque de Hechvan, cinquante jours après Yom Kippour. Cette fête symbolise le renouveau spirituel, l’introspection, l’unité communautaire et l’aspiration ancestrale au retour à Jérusalem.

En Éthiopie, les communautés juives avaient pour tradition de gravir des montagnes pour jeûner et prier sous la direction de leurs chefs religieux, appelés Kessim. Depuis leur immigration en Israël, Jérusalem est devenue le principal centre des célébrations, notamment sur la promenade d’Armon Hanatsiv, où des milliers de fidèles se rassemblent chaque année.

En 2026, le Sigd tombe le 9 novembre, mais les manifestations culturelles et communautaires se poursuivront tout au long du mois.

L’événement municipal central, organisé en coopération avec un organisme public national, se tiendra le mardi 17 novembre à 17 heures, au Musée de la Tolérance de Jérusalem.

Où se dérouleront les célébrations du Sigd à Jérusalem en novembre 2026 ?

Cinq quartiers de Jérusalem accueilleront des festivités permettant aux habitants de découvrir les traditions, l’histoire et le patrimoine des Juifs éthiopiens.

  • Neve Yaakov : le 8 novembre, à partir de 15 heures, au centre spirituel Yerusalem, 38 boulevard Neve Yaakov.
  • Pisgat Ze’ev : le 9 novembre, à 18 heures, au centre communautaire de Pisgat Ze’ev.
  • Katamon : le 10 novembre, à 18 h 30, au centre Kangaroo, 5 rue Bar Yohaï.
  • Ir Ganim : le 11 novembre, à 16 h 30, au 7 rue Dahomey.
  • Talpiot-Est : le 16 novembre, à 16 h 30, à l’école Keshet Talpaz, 13 rue David Raziel.

Parallèlement aux célébrations dans les quartiers, plusieurs activités éducatives permettront aux jeunes générations de découvrir l’histoire et le patrimoine juif éthiopien. Parmi les établissements participants figurent les écoles Teddy Kollek et Keshet Talpaz, le conseil municipal de la jeunesse et le centre du patrimoine Yerusalem, situé à Neve Yaakov.

La musique occupera également une place dans les festivités. Le 8 novembre, à 21 h 30, l’auditorium Nava Bibi accueillera le spectacle « Quand le folk rencontre l’afro », dans le cadre du festival « Couleurs de la poésie » et du festival de la culture juive indépendante.

Les artistes Yifat Klinger Goren et Dorin Levi partageront la scène pour la première fois, accompagnées de l’invitée spéciale Netiela Sababa. Leur spectacle mêlera musique indépendante, influences africaines et soul, autour de thèmes tels que l’identité personnelle et la recherche de paix intérieure.

Au-delà des festivités, le Sigd remet en lumière un héritage juif ancien que la communauté éthiopienne a préservé pendant des siècles. Pour des générations de Juifs éthiopiens, Jérusalem représentait une ville sacrée qu’ils n’avaient jamais vue, mais qu’ils n’avaient jamais cessé d’espérer rejoindre.

Aujourd’hui, ce lien historique et spirituel s’exprime directement dans les rues de Jérusalem.