L’arrière-cour de Jérusalem : qu’a découvert la police à Jabal Mukaber ?

Une opération de police menée dans le secteur de Jabal Mukaber à Jérusalem a montré comment des armes dissimulées dans l’arrière-cour de la ville peuvent devenir une menace bien au-delà du quartier
Policiers du district de Jérusalem et forces du Magav lors d’une opération visant les armes illégales à Jabal Mukaber
Forces de police et du Magav lors d’une opération à Jabal Mukaber, à Jérusalem (Photo: Israel Police Spokesperson)

Il existe à Jérusalem des endroits où ce qui se passe derrière une porte fermée peut sembler très éloigné des cafés, des sites touristiques et des rues animées du centre-ville. Mais cette distance peut être trompeuse. Ce qui est caché dans une maison de Jabal Mukaber peut, en quelques minutes, devenir une menace dans une autre partie de la capitale.

Ces derniers jours, des policiers du district de Jérusalem, des combattants et des agents infiltrés du Magav de Jérusalem, accompagnés de l’unité cynophile, ont perquisitionné une maison du quartier après la réception de renseignements faisant soupçonner la présence d’armes et de munitions détenues illégalement.

La perquisition a une nouvelle fois illustré pourquoi la police considère les armes illégales à Jérusalem-Est comme une menace qui ne reste pas nécessairement confinée au quartier où elles sont dissimulées.

Qu’a découvert la police à l’intérieur de la maison à Jabal Mukaber ?

Au cours de la perquisition, les forces ont découvert un fusil M-16 ainsi qu’un pistolet Sig Sauer. La police a également saisi des chargeurs contenant des dizaines de cartouches, notamment des chargeurs destinés au M-16 et au pistolet.

La fouille a également permis de découvrir une caisse de munitions contenant des centaines de cartouches de calibre 5,56 mm, ainsi que différentes pièces d’armes.

Autrement dit, l’opération n’a pas permis de découvrir seulement une arme isolée cachée dans une maison. La police a mis la main sur un ensemble plus large d’armes, de munitions et de matériel associé, ce qui a conduit à l’arrestation de deux habitants du secteur âgés d’une vingtaine et d’une trentaine d’années.

Les deux suspects ont été conduits pour interrogatoire au commissariat d’Oz. La police a indiqué que les décisions concernant la prolongation éventuelle de leur détention seraient prises en fonction des résultats de l’enquête.

Pourquoi des armes cachées à Jabal Mukaber peuvent-elles aussi menacer le centre de Jérusalem ?

C’est précisément ce qui transforme cet incident local en une histoire concernant l’ensemble de Jérusalem. Une arme illégale n’est pas nécessairement un problème qui reste enfermé dans un seul quartier. Dès qu’elle quitte la maison où elle était cachée, elle peut potentiellement être utilisée dans le cadre d’un crime, d’un conflit violent ou d’une attaque terroriste.

La distance géographique entre Jabal Mukaber et le centre de Jérusalem ne garantit donc pas que le danger restera limité à une seule zone.

La police du district de Jérusalem affirme que sa lutte contre les armes illégales se poursuit à un rythme soutenu pendant la période des fêtes de Tichri, en combinant renseignement, activités clandestines et opérations ciblées destinées à localiser les armes avant qu’elles ne soient utilisées.

Selon la police, plus de 117 armes détenues illégalement ont été saisies dans le district de Jérusalem depuis le début de l’année.

Ce chiffre illustre la réalité parallèle qui se déroule derrière le quotidien de Jérusalem : une lutte permanente contre des armes qui peuvent aujourd’hui être cachées dans l’arrière-cour de la ville et, en un instant, se retrouver au centre de l’actualité.