Si un agent biologique est diffusé dans la région de Jérusalem : le système de santé est-il vraiment prêt ?

Un exercice national a testé la réaction des équipes médicales du district de Jérusalem face à une attaque biologique et le niveau de préparation du système à une situation d’urgence
Équipes médicales et forces de sécurité lors d’un exercice simulant une attaque biologique dans le district de Jérusalem
Exercice national d’urgence simulant une attaque biologique avec la participation des équipes de Clalit du district de Jérusalem au centre médical Kikar Yahalom (Photo: Clalit Jerusalem District Spokesperson)

Une attaque biologique ne commence pas nécessairement par une explosion, de la fumée ou une scène facile à identifier. Elle peut débuter dans la salle d’attente d’une clinique, avec des patients présentant des symptômes peu clairs, tandis que les équipes médicales ignorent encore à quoi elles ont été exposées. Dans le même temps, il faut empêcher de nouvelles expositions et continuer à soigner le reste de la population.

Ces derniers jours, ce scénario a été testé dans le cadre d’un vaste exercice national simulant un événement de terrorisme biologique. Le centre médical Kikar Yahalom de Clalit, rattaché au district de Jérusalem, a participé à l’exercice. Celui-ci était dirigé par le ministère de la Défense, avec la participation de la municipalité de Maale Adumim ainsi que de services de santé, de sécurité et d’urgence.

L’exercice a notamment examiné le fonctionnement des équipes de gestion de crise, la prise de décisions en temps réel, la coordination entre les différents organismes et la capacité à maintenir les services médicaux même lorsque le système doit faire face à une situation exceptionnelle.

Que se passe-t-il dans le système de santé de Jérusalem lors d’une attaque biologique ?

Le défi ne se limite pas au traitement des personnes exposées à un agent dangereux. Le système de santé doit rapidement identifier qu’un événement inhabituel est en cours, protéger les équipes médicales, empêcher une éventuelle propagation et, en parallèle, maintenir la continuité des soins pour les patients qui ne sont pas directement liés à l’incident.

La Dre Yael Reichenberg, directrice du district de Jérusalem de Clalit, a déclaré : « Être prêt à une situation d’urgence, c’est savoir garantir la continuité des services aux patients de Clalit même dans les scénarios les plus complexes. Nos équipes ont fait preuve de professionnalisme, de sang-froid et de capacité à agir et à prendre des décisions en temps réel. »

Tali Haviv, directrice administrative du district et responsable des situations d’urgence au sein de Clalit Jérusalem, a expliqué que l’un des éléments essentiels réside dans la capacité à travailler ensemble et à relier les différents organismes lorsque la situation évolue rapidement.

Un exercice réussi prouve-t-il vraiment que Jérusalem est prête pour le moment de vérité ?

Pas nécessairement. Un exercice permet de tester les procédures, la communication et la prise de décisions, mais un événement réel peut se dérouler de manière totalement différente. Un afflux soudain de patients, des informations partielles, la peur du public et un manque de personnel peuvent transformer en quelques minutes un scénario ordonné en une crise difficile à maîtriser.

Einat Mitzva, responsable des situations d’urgence au sein du district de Jérusalem de Clalit, a souligné : « L’exercice a montré que la préparation se construit bien avant le moment de vérité. C’est précisément l’objectif des exercices en période normale – être mieux préparés, mieux coordonnés et plus précis en situation d’urgence. »

Et c’est bien la question qui demeure après la fin de l’exercice : non pas comment les équipes ont fonctionné dans un scénario préparé à l’avance, mais comment elles agiront lorsque la menace sera réelle, les informations incomplètes et les décisions devront être prises rapidement.