Vendredi dernier, des policiers du district de Jérusalem ont retenu le mufti de Jérusalem, le cheikh Mohammad Hussein, à l’issue de propos tenus pendant le sermon du vendredi à la mosquée Al-Aqsa, sur l’esplanade des Mosquées. Selon les accusations formulées à son encontre, ses déclarations pourraient relever de l’incitation. D’après une estimation du Waqf, environ 70 000 fidèles étaient présents dans l’enceinte pour la prière du vendredi.
Après un bref interrogatoire au poste de police situé près de la porte de la Chaîne, Hussein a été écarté de l’enceinte pour une semaine, dans l’attente d’une décision définitive du commandant du district.
Pourquoi le mufti de Jérusalem a-t-il été écarté de l’esplanade des Mosquées ?
Dans son sermon, Hussein a prié pour le repos de l’âme de combattants tués, qualifiés de « martyrs », et a également évoqué la situation des détenus de sécurité incarcérés dans les prisons israéliennes. En Israël, ces propos sont considérés comme relevant de l’incitation, du soutien au terrorisme et de l’encouragement à la violence. Hussein n’a pas nié les avoir prononcés, mais a affirmé avoir rempli ses devoirs de religieux ainsi qu’un devoir humain, sans qu’il s’agisse selon lui d’incitation.
Ce type de comportement est devenu récurrent chez Hussein depuis le massacre commis par les combattants du Hamas en octobre 2023. Un an plus tard, en octobre 2024, il avait rendu hommage dans un sermon à des combattants, notamment du Hezbollah, avant d’être écarté pour une courte période. En juillet 2025, il avait affirmé qu’Israël menait à Gaza une politique visant à affamer la population civile. Il avait alors été interdit d’accès à l’esplanade des Mosquées pendant six mois.
Qui est le cheikh Mohammad Hussein, mufti de Jérusalem ?
Mohammad Ahmad Hussein, âgé de 76 ans, est né à Jérusalem. Il a étudié la charia dans une université jordanienne, puis a obtenu un master en études islamiques à l’université Al-Quds de Jérusalem.
Avant sa nomination comme mufti en juillet 2006 par Mahmoud Abbas, également connu sous le nom d’Abou Mazen, Hussein a travaillé pendant environ 20 ans comme directeur de la mosquée Al-Aqsa. Auparavant, il avait été enseignant dans des établissements islamiques, inspecteur de l’enseignement religieux au sein du Waqf, ainsi qu’imam et prédicateur à Al-Aqsa. Il est considéré comme une figure religieuse centrale, présente depuis de longues années dans l’enceinte de l’esplanade des Mosquées.
Ces dernières années, et plus particulièrement depuis le déclenchement de la guerre « Épées de fer », la police israélienne a renforcé la surveillance des sermons prononcés sur l’esplanade des Mosquées. L’objectif est d’empêcher l’incitation, les appels à la violence et le soutien aux organisations terroristes. Les responsables de la sécurité considèrent ce type de sermon comme un risque réel, car il touche un très grand nombre de fidèles.
L’incident actuel s’inscrit dans des efforts plus larges visant à maintenir l’ordre et la sécurité dans l’enceinte, tout en trouvant un équilibre entre la liberté de culte et la prévention de l’incitation. La police du district de Jérusalem souligne que les ordres d’éloignement constituent un outil légal et proportionné contre ceux qui franchissent les lignes rouges.


