De Jérusalem au Vietnam : la traque d’un réserviste de Tsahal, directeur général d’Im Tirtzu

Matania Jerafi, directeur général du mouvement dont les bureaux se trouvent à Jérusalem, séjourne en vacances privées en Extrême-Orient, mais la « Fondation Hind Rajab » réclame son arrestation pour « incitation au génocide »
Matania Jerafi pendant son service de réserve au sein de Tsahal
Les images jointes à la plainte de la fondation, tirées des publications de Jerafi sur les réseaux sociaux

La poursuite des réservistes de Tsahal monte d’un cran et atteint désormais les destinations touristiques d’Extrême-Orient : vendredi dernier, la « Fondation Hind Rajab » a déposé une plainte urgente auprès des autorités vietnamiennes contre Matania Jerafi, exigeant son arrestation immédiate pour des actes présumés de « crimes de guerre et de génocide ». Jerafi est le directeur général du mouvement Im Tirtzu, dont les bureaux sont situés rue Pierre Koenig à Jérusalem.

Jerafi séjourne actuellement au Vietnam dans le cadre de vacances privées, et la plainte s’appuie, selon les allégations, sur des photos, des vidéos et des déclarations publiques qu’il a publiées sur les réseaux sociaux durant son long service comme réserviste au sein du bataillon 920 de la brigade 769, dans la bande de Gaza et au sud du Liban.

De quoi la « Fondation Hind Rajab » accuse-t-elle Matania Jerafi ?

Dans sa plainte, la fondation accuse Jerafi d’avoir procédé à des destructions étendues et illégales d’infrastructures et de biens civils, qu’il aurait commises au cours de son service militaire dans le centre de la bande de Gaza entre décembre 2023 et janvier 2024. L’organisation cite explicitement les camps de réfugiés d’Al-Bureij et d’Al-Maghazi, ainsi que les quartiers de Shuja’iyya et de Rimal, dans la ville de Gaza, comme des zones dans lesquelles il aurait opéré. Des actes similaires lui sont également attribués dans le sud du Liban en octobre et novembre 2024.

Un autre volet central de la plainte porte sur des accusations d’« incitation directe et publique au génocide ». Selon la plainte de la fondation, ces déclarations – dans lesquelles il aurait appelé à encourager l’émigration de la bande de Gaza, qualifié la population civile de « partie du Hamas » et pris position contre la fourniture d’aide humanitaire – auraient été faites dans le cadre de ses fonctions publiques et publiées directement sur les plateformes et canaux officiels de communication du mouvement Im Tirtzu.

Qui est Matania Jerafi et quel est son lien avec Jérusalem ?

Jerafi, 39 ans, figure publique connue, a été nommé directeur général d’Im Tirtzu à la fin de l’année 2024. Il dirige les activités du mouvement, fondé dans le but de renforcer les valeurs sionistes, de lutter contre les tendances post-sionistes et de freiner l’activité d’organisations financées par des entités étrangères, depuis ses bureaux principaux situés dans le quartier de Talpiot à Jérusalem, rue du général Pierre Koenig.

Jerafi a effectué son service militaire régulier dans l’unité du génie de combat de la brigade Golani et a accompli environ 400 jours de service de réserve intensif depuis le début de la guerre. Il est titulaire d’une licence de l’Université d’Ariel et d’un master en politiques publiques et gouvernance de l’Université hébraïque de Jérusalem. En juin dernier, Jerafi a épousé sa compagne Haya, et le couple s’est installé dans la localité de Kfar Eldad, dans le Goush Etzion.

La « Fondation Hind Rajab », qui a déposé la plainte, est une organisation juridique radicale opérant depuis la Belgique et constituant un bras opérationnel anti-israélien. Fondée par des militants pro-palestiniens radicaux, elle s’est donné pour objectif de surveiller les « empreintes numériques » des soldats de Tsahal sur les réseaux sociaux tels que Facebook, Instagram et TikTok. Dès qu’un soldat ou un officier est identifié comme ayant quitté Israël pour un pays signataire de conventions internationales, l’organisation dépose auprès des autorités locales une plainte coordonnée visant à obtenir son arrestation, comme elle l’a fait avec Jerafi à Hanoï, capitale du Vietnam.